lundi 20 juillet 2009

A bicyclette

L'accident bête! Un gamin qui passe a vélo, dans ma rue, le soufflant défouraillé. La chaussée est mauvaise, un geste maladroit sans doute, et voila le flingot qui s'emballe. Sur le pavé, Miguel Loreto et ses 17 piges sourient dans une flaque de raisiné : Ils ont saisi le plomb au bol, en plein le ciboulot. Canné dans la plombe, le mioche.

Mais s'il a filé au royaume des taupes, on n'oublie pas le petit Miguel. Dans la nuit, les murs ont revêtu le deuil, barbouillés de signes hermétiques au non initié. Et ses petits camarades de gangs s'entêtent à déposer des fleurs et à disposer des bouteilles de bière en croix, que les poulets s'entêtent pareillement à fiche aux ordures.

Ce qui est chouette dans tout ca, c'est que mes parents me rendaient visite. La daronne, au moins, elle est rassurée : Il s'en passe des choses dans mon quartier !

mercredi 1 juillet 2009

Opportunity

Ce matin vers 10 heures, je fumais un clop avec un collègue. On discutait de nos projets respectifs pour le week-end. Ton léger et plaisanteries de rigueur.

A midi, j’ai appris qu’en revenant de sa pause, et après un bref passage dans le bureau de son boss, il avait récupéré quelques affaires et était rentre chez lui. Pour toujours. Et pas exactement de son propre chef.

Dans l’après midi, nous avons été rassurés par un email : Avant de lui souhaiter paternellement une « bonne continuation », il nous apprenait que le collègue en question avait décidé de poursuivre d’autres opportunités. Des opportunités a base de curriculum vitae, de tickets alimentaires et de musique dans le métro, je présume.





J’ai un peu mal au ventre maintenant…

samedi 15 novembre 2008

Joyeux anniversaire !

Ce ouiquende, une collègue était invitée à une fête d’anniversaire : Celle de Mindy, qui fêtait ses huit ans. Avant, ses amis du quartier étaient invités, mais une année, ca a dégénéré : Pour une broutille, l’une des invités a mordu Mindy jusqu’au sang. Depuis, seule la famille proche participe. Mais ca reste une fête : Mindy a eu un gâteau et des cadeaux en nombre. Puis elle est allée se promener avec sa « maman » et les autres invités.

En rentrant, Mindy a joué un peu avec les emballages de ses cadeaux, puis s’est couchée sagement dans son panier, comme le font tous les chiens bien éduqués.

Si d’aventure, vous aussi, vous sombrez dans le crétinisme ambiant souhaitez manifester votre amour envers votre animal de compagnie, vous trouverez plein d’idées de thèmes, de jeux et des recettes de gâteaux destinés à nos amis à quatre pattes ici : http://www.dog-birthday-parties.com/

Moi, les bras m’en sont tombés. Ce qui n’a pas facilité la saisie de ce billet.

mardi 11 novembre 2008

President of the United States of America #3

La veille des élections, j’ai regardé le journal de France 2. Au programme, élections américaines, directs de New York, analyse des derniers sondages, et en final, on vous en remet un peu, de l’élection, c’est tellement bon ! Et de la dentelle que c’était : Bradley faisait l’objet d’une explication traversière, les swing states étaient tenus pour acquis, Joe le plombier battait des records de notoriété, même les chouettes vidéos de Saturday Night Live étaient évoquées…

Vache de JT, ils m’ont tout piqué ! Des sommets de frustration, que j’ai atteint : Mes billets sont devenus inutiles, vestiges de ma naïveté. Voulant faire preuve de pédagogie sur un sujet que vous suiviez de loin en loin, j’aurais sous-estimé la couverture médiatique de l’événement dans l’Hexagone ? Semble que des hectolitres d’encre et de salive ont été déversés pour couvrir ca. Vous auriez plus subi la campagne que nous que ca ne m’étonnerait pas…

Vous n’avez pas d’actualité en France ? De mes journaux télévises français, je me souviens avec émotion de passionnants reportages sur la lente maturation des fromages à pate molle, ou l’association des joueurs de ukulélé gauchers dans la Drome. Le choix du 13 heures de TF1 n’était peut être pas judicieux ? Mais les élections américaines, je m’en tamponnais maison en 2004. S’il y a eu un tel battage à l’époque, cela m’avait certainement donné envie de décéder (ou pire, d’éteindre le poste). Et j’ai oublié...

Plutôt que de corriger mon erreur, je vais persévérer. Et vous en causer une dernière fois, de l’élection. Quitte à risquer l’overdose. Mais cette fois, exit les généralités, je vous donne du vécu. Because c’est ca que vous voulez : De l’émotion, du bling bling, hein ?

J’étais à Grand Park ce soir là. Soixante mille supporters avisés d’Obama avaient obtenu un ticket. Petits fours, champagne californien, Ferrero Rochedor et chaises pliantes, voila comment j’imagine leur soirée. J’imagine, parce que j’étais de l’autre coté des grandes barrières qui obstruaient la vue, gardées par le SWAT, le FBI, CSI Miami et d’autres Goliath à oreillettes. Je partageais la pelouse avec plusieurs centaines de milliers de frustrés qui, n’ayant pu se joindre aux happy few, voulaient quand même se payer une tranche de fête. Bras de chemises et été indien, les conditions étaient idéales. Pour sur, vu d’aussi loin, les écrans ne paraissaient pas géants, mais peu nous importait : C’était notre nuit !

Et nous attendîmes. Bien sur, quand un état clef basculait dans l’escarcelle démocrate, nous hurlions à plein poumons. Encore plus quand une caméra de télévision approchait : Nous, d’agiter nos fanions, de feindre l’apoplexie ou de simuler l’hystérie, c’est selon. La caméra s’éloignait et les bras s’enfonçaient dans les poches des blue jeans, et l’attente reprenait. Même les publicités diffusées toutes les dix minutes sur les écrans géants ne parvenaient qu’à peine à relancer les conversations paresseuses.

Enfin s’affiche le verdict des urnes. Nous braillons de plus belle. Bien cinq minutes à se décoller la luette, à applaudir a s’en écorcher les paumes. Moi, je voulais de l’extatique, des évanouissements, des larmes en quantité, des jeunes filles à peine nubiles qui dévoilent leur poitrine et embrassent des inconnus, une foule qui, poing levé, entonne l’Internationale en vibrant d’émotion, et des aveugles qui recouvrent la vue ! Mais tout revint à la normale, les minutes s’égrenant lentement et la foule retrouvant son apathie bienheureuse.

Le président apparut enfin sur l’écran. On recommença à crier mais il se racla la gorge et les quelques « Yes we can » furent aussitôt étouffés par la foule soucieuse de ne pas perdre un mot de son nouveau gourou. Le speech, vous l’avez tous vu. Mieux que moi. Il y avait un grand gazier juste dans mon champ de vision et la sono était naze. Sept minutes trente après des heures d’attente. Puis on a rempilé, certains pour fêter la victoire dans un bar, la majorité, direction la maison. Mon quartier était très calme, on eut dit un mardi comme les autre, sauf que je me suis couché tôt.

Il parait que c’est l’Histoire que j’ai vu. Ce qui est certain, c’est que j’ai eu confirmation d’une vérité qui m’est apparue pour la première fois en classe de quatrième avec madame Ragot, un jeudi de 14 à 16 heures : L’histoire c’est chiant.

dimanche 2 novembre 2008

President of the United States of America #2

Je vous avais donc laissés en plan avant de vous donner mon pronostic, procédé de teasing un peu facile, j’en conviens. Je m’exécute : Si la crise économique a été une bonne nouvelle pour quelqu’un, c’est pour Barack Obama. Distancé dans les sondages au moment de la crise Georgienne, il a repris de l’avance suite aux déboires économiques, face à un John Mc Cain qui reconnaissait « ne pas comprendre grand-chose à l’economie » (sic). Barrack est attendu en tète dans une majorité de swing states, et pourrait même réaliser un hold up dans quelques états rouges.


Et si je me trompe, outre effacer ce billet, je ne manquerais pas d’invoquer l’effet Bradley. Tom Bradley était maire de Los Angeles et candidat démocrate au poste de sénateur de Californie en 1982. Les sondages le donnaient largement favori. Ceux sortie des urnes également, si bien que certains journaux du matin avaient déjà titré sur sa victoire. Mais il est resté sur le carreau. L’explication tient simplement à la difficulté d’assumer son racisme. Les cameras braquées sur vous, allez déclarer que la place d’un nègre est plutôt pendouillant à une branche que dans le confortable fauteuil d’un sénateur. D’où déclaration de support des WASPs (les anglo saxons blancs et protestants) qui, dans le secret de l’isoloir ont préféré voter blanc (enfin, pas blanc, mais le contraire de noir, vous suivez ?) Et si l’histoire a gardé le nom de Bradley et de son effet, il n’est qu’un nom parmi les nombreux afro-américains en tête des sondages mais finalement écartés d’un mandat. Apres des années de Cosby Show, Morgan Freeman président dans Deep Impact et un autre dans 24 heures, l’Amérique est elle prête pour un président noir (qui d’ailleurs est métis) ? Ou le pauvre Bradley, après son siège de gouverneur, va-t-il se faire également voler le nom de son effet?

Personnellement, je supporte le candidat local, Barack Hussein (aie !) Obama. A prononcer éventuellement « Ossama » comme on prononçait « Mittrand » en d’autre temps. Comme il le dit, il faudrait apporter de la nouveauté à Washington. De la nouveauté de Chicago, vitrine démocrate : Le taux de corruption est ici digne d’une république bananière, les taxes sont les plus élevées du pays (10% de TVA !), le bodycount (nombre de morts violents) pour 2008 est plus élevé que celui des citoyens US en Irak (les gangs sont devenus fous), les transports publics sont parmi les plus carences en financement public (certes, toutes les villes n’ont pas de réseau public, mais on n’est pas en Union Soviétique !)… L’engouement populaire des européens pour Obama m’échappe un peu. J’ai vu – à la télévision française - un groupe d’antillais faisant « campagne » pour lui en banlieue parisienne, distribuant des tracts et chantant Obama président. WTF ? (« Mais que cela signifie t’il ? » pour les non anglophones et les oreilles chastes). Obama n’a pas de liens forts avec l’Europe, il risque de mener un politique, certes moins interventionniste, mais plus isolationniste que son prédécesseur et je doute qu’une lune de miel entre les USA et l’Europe soit au programme.

Quant à John Mc Cain, ca n’est pas non plus l’incarnation du mal comme le font croire certains medias européens. Il a toujours été un véritable libéral (enfin, un libertaire, l’anglais n’ayant pas dévoyé le sens de ce mot). A l’extrême gauche du parti républicain, il est pour un contrôle des armes, pour le droit au choix en matière d’avortement (et pas en faveur de l’avortement, opinion bizarroïde), s’est opposé à l’interdiction du mariage gay (ce qui est en soi une position progressiste ici). Il diffère largement de son rival en matière de politique extérieure, mais l’Amérique peine déjà a mener de front deux guerres, ca n’est pas demain qu’elle aura les moyens d’attaquer l’Iran. Et un retrait précipité d’Irak sera t’il positif pour les locaux ?

Ce garçon ne m’est décidément pas antipathique, j’aurai presque pu être partagé. Mais il a du au cours des derniers mois du donner des gages aux libéraux (les « libertairians » si vous suivez) et aux chrétiens fondamentalistes. Aux premiers, il a promis de poursuivre la politique fiscale de son prédécesseur, aux seconds il a donné… un bulldog avec du rouge à lèvres répondant au doux nom de Sarah Pallin. Le monsieur ayant 72 ans, jamais le poste de vice président(e) n’a eu autant d’importance : Un cabinet d’actuaires (ce métier étrange, vous vous souvenez ?) a évalué les chances de Mc Cain d’être en vie après deux mandat a 75% (sans tenir compte de ses antécédents médicaux, notamment un cancer de la peau). Et Pallin, elle, est effrayante. Mais cela, les medias français s’en sont suffisamment fait l’écho je crois.

Enfin, je voulais vous parler de Joe le plombier, nouveau mythe dans cette campagne. Lors du dernier débat présidentiel, ce monsieur a eu son quart d’heure de célébrité. Il a discute avec Obama lors d’un meeting en Ohio, craignant d’être plus taxe si celui-ci était élu. Et Mc Cain de citer le plombier des dizaines de fois au cours du débat, Joe a fait la couverture de nombreux journaux les jours qui ont suivi, et il est désormais le second plombier le plus célèbre (après Super Mario). Outre le fait que cela signifie que le plombier en question gagne plus de 250,000 dollars par an (WTF ?), ca m’a fait repenser au plombier polonais qui menaçait la France il y a deux ans. Décidément c’est un métier surmédiatisé, j’aurais du choisir ca.



Pour patienter jusqu'à mardi, je vais faire du forcing pour obtenir un billet pour le meeting d’Obama, mais je suis sur liste d’attente, comme des dizaines de milliers de Chicagoans. Et vous pouvez regarder des extraite de l’émission satyrique Saturday Night Live qui a fait des parodies tout a fait désopilantes des (fades) débats présidentiels :

http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/palin-hillary-open/656281/
http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/presidential-debate/704121/
http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/vp-debate-open-palin-biden/727421/
http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/update-thursday-debate-open/742065/
http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/update-thursday-final-debate/768721/

Pour les prévisions météorologiques, si Obama n’est pas élu, on craint des chutes de pierres, précipitations d’objets plus ou moins contondants dans la nuit de mardi. Des incendies aussi, qui devraient probablement se limiter aux quartiers pauvres du Sud de la ville. Je n’ai jamais cru en la météo.

vendredi 31 octobre 2008

President of the United States of America #1

Je vais me risquer à faire un pronostic quant au résultat de l’élection présidentielle. C’est moins aisé qu’il n’y parait, les sondages nationaux dont on vous abreuve étant dénués de tout sens.

En effet, s’ils vont mettre dans l’urne (la machine) un bulletin avec le nom de l’un des deux candidats, mes fellow Americans vont en fait designer de grands électeurs qui eux, vont effectivement élire le président. Et dans le choix de ces grands électeurs, c’est le principe du tout ou rien qui s’applique. Si un des candidats ne dispose ne serait-ce que d’un seul vote d’avance, l’ensemble des grands électeurs de l’Etat lui seront acquis.


Ce système assure une grande stabilité du régime. Seuls les deux grands partis peuvent l’emporter, et sont écartées les myriades de petits partis, souvent locaux. Exit les prohibitionnistes, le parti de la marijuana, celui pour l’indépendance du Minnesota, le parti pour l’expansion géographique des USA, le parti des phalanges chrétiennes et même…des partis d’obédience marxiste ou trotskiste

Le nombre de grands électeurs de chaque état est fonction de la population. En théorie, puisque le vote d’un Californien bronzé et démocrate (55 électeurs pour 36.5 millions de personnes) vaudra presque quatre fois moins que celui d’un mineur palot et républicain du Wyoming (3 electeurs pour 500,000 personnes).


Mais de toute façon, ni le vote de Californie ni celui du Wyoming n’intéresse les candidats. Les cotes Est et Ouest ainsi que la majorité du Midwest (l’Illinois donc) ont, de mémoire d’homme, toujours voté démocrate. Les états de la Bible belt (le sud) et les états paysans du centre sont des républicains convaincus depuis plusieurs générations. Une sorte d’inertie partage le pays en un nombre à peu près égal de grands électeurs pour chacun des deux camps. Mais certains états peuples d’irréductibles électeurs résistent encore : ce sont les swing states (un dizaine, dont la Floride, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie et le Nouveau Mexique) qui votent selon l’air du temps. Ce sont eux qui font et défont les présidents, c’est la qu’ont été dépensés les millions du butin de campagne de chacun des candidats, tandis que les 40 autres états sont boudés par les campagnes.


Et encore, au sein de ces états, ce sont les indépendants – susceptibles de choisir le candidat qui leur apparait le meilleur sans condition d’appartenance – qui sont l’objet de toutes les séductions. Un petit nombre d’électeurs qui décidera d’envoyer l’un à Washington et de renvoyer l’autre en Arizona.

C’est ainsi que Georges Bush, emportant a quelques centaines de milliers de voix les 27 grands électeurs de Floride a rempilé pour 4 ans, alors même que plus de la moitie des américains avaient voté en faveur de Al Gore.

Voila pour les grandes lignes, mais l’homme de Main Street n’y comprend pas grand-chose (c’est peut être pour cela qu’il vote habituellement peu), et moi itou. C’est la un des systèmes électoraux les plus complexes jamais élaborés par l’esprit humain, bourré d’exceptions et nimbé de mystère. Seule une poignée de juristes spécialisés en droit constitutionnel doivent s’en transmettre les arcannes au creux de l’oreille dans des bureaux capitonnés.

Mais l’essentiel, c’est que les machines donneront le vainqueur le 4 novembre...



J’en ai oublie de formuler mon pronostic. Il me reste quelques jours et, en attendant, je vous invite à parcourir les fort intéressantes cartes interactives de Politico. Le reste du site vaut également le détour.

dimanche 14 septembre 2008

Ike

L'ouragan Ike a traversé les USA et s'est abattu sur Chicago ce week-end. Les pires inondations jamais enregistrées ici. L'état d'urgence est déclaré.

Entre les messages alarmistes de la télévision et la vision plutôt rassurante offerte par mes persiennes, je ne savais qui croire : Fallait-il céder a la panique ? C’est ce que j’ai fait en commettant l’irréparable : j’ai changé de chaîne.

Remarquez comme les pompiers ont de l'eau jusqu'aux genoux. Le bateau gonflable doit être un hommage au folklore de la Nouvelle Orléans.

Le mot du jour sera donc « Overreacting » : réagir d'une manière extrême, exagérée.

jeudi 21 août 2008

Cherchez l'erreur

Voici le tableau des médailles des jeux d’Athènes :

Et le même pour Pékin (qu’on appelle Beijing ici) :

Alors, vous avez trouvez la petite incohérence ? Non ? Normal, il n’y en a aucune, les États-unis sont bien évidemment à leur place, la première.

Comment cela ? Ce serait la Chine qui l’aurait emporté ? Certes, les médias britanniques, français, allemands, australiens, canadiens et sud africains (et je passe d’autres pays mineurs) classent les pays par le nombre de médailles d’or obtenues.

Mais ici, un consensus veut que l’ensemble de journaux présentent le classement d’après le nombre total de médailles. C’est ça l’esprit olympique : Tous ceux qui montent sur le podium sont des gagnants !

S’il se trouve que cette méthode place les USA en première place, c’est certainement un hasard. S’il se trouve que la méthode de classement a été modifiée depuis Athènes, il s’agit d’une nette amélioration. D’ailleurs, ils semble que bien peu d’Américains aient note ce changement…

Comment cela, un orgueil national mal place ? Plutôt que de critiquer, vous devriez vous réjouir de la 5ème place de la France.

lundi 4 août 2008

Lollapalooza

J'étais à Lollapalooza ce week-end et du coup, je vais vous causer musique aujourd'hui (comme dans les billets précédents il est vrai).

Mais en remarque liminaire, je souhaitais souligner un propos qui sous tendra l'ensemble de ce message: les traducteurs automatiques sont fort pratiques mais l’abus en est dangereux. Je préciserai encore que "餐厅" signifie "restaurant" en chinois. Maintenant, je vous laisse examiner la photo ci-dessous:



Ayant ri de votre saoul, je vous propose de me suivre pour un petit voyage musical que j’ai effectué au profit mes heures de travail. Ne respectant décidément rien, j'ai décidé de passer la première strophe de notre hymne national à la moulinette d'un traducteur automatique.

Je vous invite donc à vous lever, à mettre la main sur le coeur, et à entonner :

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé. (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans nos bras
Égorger nos fils, nos compagnes !


Nous descendons maintenant vers le sud, pour faire une halte dans l'un de ces pays de la future Union Méditerranéenne, de ceux qui écrivent dans le mauvais sens :

Les enfants patrie de Los Angeles,
Le jour de gloire est arrivé
Nous sommes contre la tyrannie
Sanglante du drapeau dressé. (Aa)
Entendez-vous dans les zones rurales
Mugir ces féroces soldats?
Ils viennent à nos armes
Tué nos fils, Mates!


Pour une raison qui m’échappe, seul le premier « la » a été transformé en L.A. Mais des palmiers (Californiens) se profilent dans notre hymne, cela se tient. Poussons vers l’Orient, et arrêtons sur les bords de la Volga, a Volgograd :

Les enfants patrie à Los Angeles,
Un jour de gloire est arrivé !
Nous nous opposons à la tyrannie
Sanglante du pavillon est soulevée. (AA)
Vous voulez en savoir rurales
Brutale mugir ces soldats?
Ils viennent dans nos bras
Ont tué notre fils, camarades!


Vous aurez noté l'amusante apparition d'un "camarade", fleurant encore bon le soviétisme. Poursuivons toujours plus à l’est, en Inde (Hindi) :

Les enfants dans la maison de Los Angeles,
Un jour de gloire est atteint !
Nous nous opposons à la torture
Sanglante pavillon est soulevée. (AA)
Vous voulez en savoir que ces soldats
Mugir rurales cruels?
Nous avons les armes, qu'ils viennent
A notre fils de meurtre, camarades!


Notre destination finale est, bien entendue, Pékin (que le reste du monde appelle Beijing). J’avoue avoir, à des fins de clarté pris la liberté de corriger quelques erreurs de genres et d’accord mais c’est presque brut que je vous livre ce diamant :

Les enfants à la Chambre des représentants,
Los Angeles, le jour de gloire, est atteint !
Nous sommes opposés à la torture
Par le sanglant pavillon. (AA)
Vous souhaitez en savoir
Que ces soldats mugir ruraux et cruels
Nous avons des armes, ils en sont venus
A l'assassinat de notre fils, camarades!


La nature subversive de La Marseillaise est toujours d’actualité, voila qu'elle dénonce la torture. Pour sur, dans les couplets suivants, j’aurais trouvé un appel pour la liberté de la presse ou l’indépendance du Tibet.

Toujours est il que je crois tenir avec ce procédé d’écriture automatique un très chouette texte, il ne me reste plus qu’a convaincre Grand Corps Malade de le déclamer sur un air reggae emprunté à Serge Gainsbourg

A part ça, Lollapalooza c’était franchement rigolo...

jeudi 15 mai 2008

Movement #1

Si vous étiez de mes petits camarades de teufs, sachez que j’ai eu une pensée émue à votre endroit ce week end. J'etais dans la cité originelle, Detroit.

Arrivé à l’aéroport, immense, je déambule une quarantaine de minutes avant de décider que l’humilité n’est pas superflue. Je demande mon chemin et on me répond d’un air narquois que des transports en commun pour aller en centre ville, il n’y en a pas. C’est pas le tiers monde, ici !

Mon taxi me dépose en avance, j’adopte les réflexes autochtones et pousse la porte bardée d’autocollants d’une gargote pour commander une bière. Stupéfaction, on me l’amène sans me demander de pièce d’identité. Enivré par un tel succès, je veux repousser plus loin encore les limites et, comble de l’incongruité, porte une cigarette à ma bouche. Je jette un regard autour de moi, personne ne m’a remarqué, j’aspire la fumée dense et ce qui devait arriver arriva : Le serveur cavale dans ma direction, je baisse les yeux, fébrile, et manque de renverser… le cendrier qu’il venait de déposer sur ma table. Le Michigan est décidément l’endroit de tous les dangers, ça me plait…

Mêlé à un plaisir que je croyais perdu, chaque bouffée est accompagnée d’un étrange sentiment de culpabilité. Mon regard se pose sur les enfants assis à quelques tables de là et qui vont certainement mourir dans les prochaines minutes, par ma faute. Je suis une sorte d’assassin, le narrateur de ma propre American Psycho…

La bière est suivie de la spécialité locale, une saucisse type Francfort fourrée dans un pain long et brioché, couverte de ketchup et de moutarde. En dégustant cette recette certainement millénaire, je me félicite d’avoir prêté attention aux autocollants de la porte sans lesquels, tels un touriste superficiel, j’aurais pu me méprendre et confondre la spécialité locale, le Coney Island, avec un vulgaire hot dog. D’autant que ce dernier est déjà la spécialité d’une quarantaine de villes aux US. Ah, les touristes sont vraiment des cons…

Mais il est temps d’aller danser. En m’approchant du Hart Plaza, mon corps vibre au rythme des infrabasses et un sourire se dessine sur mon visage. Il disparaît aussitôt : la file d’attente s’allonge presque à l’horizon. Juste à coté de moi, un groupe d’Hare Krishna réalise un miracle, celui, inattendu, de couvrir les nappes de techno de leurs youyous et de leurs percussions. Je ne parviens pas à les prendre sur le fait, mais je jurerai qu’ils opèrent de réguliers pas chassés dans le sens de la file : Quand je m’approche du guichet, eux ne s’éloignent pas. J’enfonce mes poings dans mon jean Pepe, les envies de meurtre me reprennent… Ils sont pardonnés quand enfin j’étreins le billet que j’échangerai contre le ridicule bracelet jaune qui ne me quittera pas pendant trois jours.
J’entre dans le son...

lundi 24 mars 2008

Pâques Man

Un intense moment d’émotion.

Ca n’est qu’aux Etats-Unis d’Amérique qu’on peut voir ce genre d’images :


samedi 15 mars 2008

Enfin un peu de sexe...

(ou comment je ne recule devant rien pour augmenter le traffic sur mon blog.)

Hier soir, ayant décidé de parfaire ma culture, j’ai accordé de mon temps de cerveau disponible à un Jean-Marc Morandini local. Une émission d’enquête et d’analyse sur les prédateurs sexuels. Outres des témoignages bouleversants assortis des inévitables gallons de divers liquides lacrymaux, j’ai découvert un site fantastique : Familly Watchdog.

Dans une saine volonté de protéger nos enfants, nos femmes et nos fesses, chacun d’entre nous a accès à des informations capitales :

Les croix correspondent à des écoles, le rouge à des agressions d’enfants à caractère sexuel, le jaune des viols, bleu à des violences sexuelles, et le vert aux autres crimes sexuels (genre abus sexuel aggrave avec mutilations). La maison c'est chez moi.

On a accès a des fiches individuelles tres bien faites: lieu de travail et domicile, photo, adresse, nature des crimes et un descriptif physique très précis (taille, poids, date de naissance mais aussi tatouages…).
Une sorte de Meetic sans chat (pour l’instant en tous cas) mais on a les centres d'intérêts (petits garçons, mutilations rituelles...)
Mon préféré pour l’instant c’est Kareem Abdul Jabbar: 2 abus sexuels aggravés sur enfants (13 a 16 ans). Pas très souriant, mais il est du quartier.

Une culture de l’autoprotection héritée de l’ère du Far West, sans doute. C’est assez inquiétant en matière de libertés individuelles pour un observateur européen. Mais un citoyen américain vous rétorquera que c’est sa liberté d’information qui est en jeu.

C’est également inquiétant quand on songe aux emplois détournes qui peuvent en être fait. Outre la possibilité d’agression de délinquants ayant déja payé leur tribut a la société, un esprit pervers peut générer de telles cartes :

Donc pour la cocaine, il vaut mieux rester dans les quartiers nord. Je peux choisir le type de drogue qui m'interesse, trouver les hauts lieux de la prostitution...

Un monde nouveau s'ouvre a moi !

vendredi 1 février 2008

Frison Roche #1

Au Maghreb, parler de la météo est insultant envers son interlocuteur, tellement cela traduit un manque de conversation. Dans le Midwest, le climat se rappelle sans cesse a vous, se fait si changeant qu’il entretient les conversations, ouvre les journaux télévisés en cette période électorale, occupe les esprits. Il a même ses chaînes dédiées.

Avec un bonnet colle sur ma tête à chacune de mes brèves sorties, une masse de cheveux avait commencé à m’obstruer la vue au cours des dernières semaines. Je m’emmitoufle du mieux que je peux, maugréant contre cette paire de gant que j’ai égarée. Sans ma maman pour y coudre un fil de laine à passer dans les manches, j’en consomme deux paires par mois. Seul progrès notable, je perds désormais la paire, ce qui évite la frustration que procure la contemplation d’un gant dépareillé, désormais inutile, triste.

Il fait zéro degrés Fahrenheit (soit moins vingt dans votre système métrique), la température ressentie est de 30 degrés en dessous de zéro. C’est un concept de météorologie arctique, le wind chill, qui trouve son application ici. Bref, un jour magnifique, le ciel est d’un bleu soutenu et je sifflerai un air joyeux si je savais. Arrivé au salon, ma coiffeuse a l’air paniquée : le conduit d’arrivée d’eau a gelé, chômage technique. Et puis, qu’est ce que vous faites dehors par ce temps ?

Pas abattu pour autant, je promène ma mèche d’un pas léger en direction du supermarché mexicain, on ne va pas se laisser mourir de faim pour si peu. Quand je finis mes courses, le soleil s’est couché, les rues ont été désertées et l’air glacial mord cruellement à travers mon denim. Chargé de sachets plastiques, je n’arrive pas à glisser mes mains dans les poches de mon anorak. J’oublie mon envie de siffler. Rapidement, le souffle se fait court, les distances et l’effort sont démultipliés par le froid. Mes doigts crispés sur les poignées des sacs s’engourdissent, j’avance de plus en plus péniblement. Une brûlure a l’extrémité des doigts, comme si une flamme léchait ma peau, je n’en puis plus. Je dépose mes courses sur le trottoir et glisse mes mains endolories sous mes aisselles. J’ai du parcourir cinq cent mètres a peine.

Je prends mon courage et mes sacs à deux mains et, rassuré de voir que cette situation extrême ne m’empêche pas de faire de chouette zeugmas, je poursuis ma route. Apres deux cent mètres cette fois, les brûlures redoublent et je pose a nouveau mes sacs avant que ceux-ci ne tombent d’eux-mêmes. Le nez et le menton ont durci mais ce sont mes doigts que j’essaye de réchauffer. Mais je ne peux rester ainsi arrêté, c’est tout mon corps qui est transi.

Concentré sur la promesse de mon appartement au climat tropical, je reprends mon pénible trajet. Le vent soulève des amas blancs de glace et de neige qui éclairent la nuit, mon corps tout entier est irradié de douleur. Je fais une nouvelle halte, essaie de ranimer mes doigts déjà durs, j’ai peur qu’ils ne gèlent. Dans ma tête se bousculent Frison Roche, Bob Morane et les autres explorateurs himalayens qui ont laissé quelques orteils à la montagne, quand ce n’est pas un membre. Suçant avidement l’extrémité de mon index dans l’espoir fou de pouvoir a nouveau le plier, je me dis que dans ce combat a mort entre l’homme et la nature, je ne capitulerai pas, que j’atteindrais le camps de base. Je ne veux pas perdre mes doigts (ni mon nez même s’il est souvent plus décoratif qu’utile). Le vent redouble, et ma volonté.

La chaleur rassurante de la souffrance déchire mes chairs, pris de vertiges j’ai envie de m’asseoir sur le bord de la route, m’étendre sur l’asphalte. Je me refuse à pleurer, même à chaudes larmes. D’abord parce que je suis un homme pétri de concepts machistes idiots, ensuite parce que des éclats de glace dans mes yeux n’amélioreraient pas sensiblement ma situation.

Chaque pas me coûtant plus que le précédent, après un nombre infini de pauses toujours plus rapprochées, c’est avec l’énergie de la désespérance que j’arrive a ma porte. Je m’y reprends à plusieurs fois pour glisser ma main dans la poche de mon jean, et, au prix de douleurs insensées, je parviens à en extirper mes clefs. Et je les regarde, gisant sur le sol gelé, inutiles. Je n’arrive pas à m’en saisir et à les glisser dans la serrure. Je pense au conte d’Andersen, comment la petite fille a-t-elle pu craquer ses allumettes ? Je me livre à une nouvelle séance d’aisselles ponctuée de petits bonds pour ramener la vie dans mon corps, a moins que je ne sois pris de spasmes. Miracle, je parviens à faire jouer le pêne et entre dans la touffeur.

L’eau chaude coule sur mes mains, pas uniquement à cause de l’odeur d’aisselles qui les imprègne. La brûlure est plus intense encore, je titube vers mon lit ou je m’effondre pris de convulsions. Une fatigue insoutenable m’envahit, je maudis mes innombrables terminaisons nerveuses, et bascule dans un gouffre noir.

Le lendemain matin, je parviens a taper sur le clavier de mon ordinateur pour un de ses diagnostics éclairés comme on en trouve sur Internet. Mes doigts ont viré au jaune et je suis heureux : Marrons, ils seraient tombés sous deux jours. Je vais pouvoir les garder !
Et je me promets d’apprendre le piano ou la chirurgie pour profiter pleinement des ces adorés petits boudins de chair rose.

NB : J’ai trouve des méthodes de pianos, mais pas de chirurgie. Si vous pouvez m’en conseiller une (niveau débutant), je ne saurais assez vous remercier.

lundi 7 janvier 2008

9 heures

C’est l’heure jusqu’à laquelle je suis consigné au bureau. Non pas que j’ai fait une bêtise (en tout cas, que je me sois fait prendre) mais il y a une alerte à la tornade.

Le Midwest c’est bien la région mais je pensais que c’était un privilège des Etats un peu plus au Sud, la « vallée des tornades » (Oklahoma, Kansas…) D’autant que c’est pas la saison : Normalement ça arrive en mars ce genre de choses.

Pour l’instant, il pleut à verse, les vents sont à décorner un troupeau de bisons et le ciel est zébré des chouettes éclairs, et je crois que j’aime bien ça, les tornades.

Sauf que… …ce matin j’ai laissé ma fenêtre ouverte. Je suis très content.

lundi 31 décembre 2007

7 heures

C’est la durée pendant laquelle je pourrai me moquer de vos visages déconfits. Pendant que serez pris de stupeur et surtout de tremblements, symptômes évidents du manque de nicotine, je pourrais m’en griller une tranquillement accoudé au zinc.

Jusqu'à minuit heure locale car Chicago a adopté le même ban idiot que la France et que je serai marron à mon tour (sauf des poumons qui seront tout roses). Et si vos cafetiers envisagent de faire de la résistance, ça semble peu probable ici, on ne badine pas avec la Loi.

A Montréal, il y a quelques semaines, ils ont serré des fumeurs clandestins dans un quelconque bouge, et le gaziers sont sortis avec des bracelets en métal (une forte amende en sus). Vu la modération du Canada, j’imagine qu’ici ils seraient sortis les pieds devants. « De la légitime défense, m’sieur, ils ont attenté à ma vie avec leur monoxyde de carbone. »

Réjouissez vous, l’avenir s’annonce aussi souriant qu’une putain trop maquillée (mais en bonne santé). En Californie, certains comtés votent des lois pour interdire de fumer dans les appartements et les maisons individuelles. Sur que ça me guette avant vous, mais vous aussi finirez par vous marcher sur la tête.

Mes cigarettes canadiennes prônent (en dessous de jolies photos de lésions des poumons) que l’arrêt du tabac est plus difficile que celui de l’héroïne ou de la cocaïne. Malheureusement, ils n’avaient pas ces substituts nicotiniques au duty free.

Sept heures donc à me moquer de vous, à glousser, à pouffer, à me gondoler. Et sans doute à tousser un peu aussi…

jeudi 8 novembre 2007

Trick or treat?

C’est décidément un chouette fête, un truc à importer d’urgence chez nous si ça n’avais déjà été tenté il y quelques années, et sans succès. On a bien la Toussaint, mais c’est décidément une fête avec une gueule d’enterrement.

Tandis qu’ici, les jardinets se couvrent de toiles d’araignées, fleurissent de citrouilles de toutes tailles, percées d’yeux qui s’allument d’une lumière maléfique la nuit tombée. Et des squelettes qui agitent leurs membres décharnés sur votre passage en vous lançant un rire sardonique.

C’est une célébration joyeuse, non de la mort, mais du kitsch authentique (c'est-à-dire made in China). Ce kitsch qui est à n’en pas douter l’aboutissement de l’Art après des milliers d’années d’évolution de la culture, sa phase ultime, sa démocratisation. Dire qu’ils n’ont pas lu Milan Kundera, ils sont autant de monsieur Jourdain joufflus…

Les grands enfants enjoues que sont les américains se travestissent et, pendant 3 week-ends, la rue est un défilé multicolore de déguisements, les rames de métro se remplissent à chaque arrêt de nouvelles créatures exubérantes…Mais la mort est oubliée, les gens sont des cow-boys, des bananes géantes, des joueurs de football ou des écolieres japonaises.

Une bonne tranche de rigolade en somme, à l’odeur de cucurbitacé. Pour ma part, j’avais passe ma combard orange et introduit mon crâne dans une immense citrouille. J’étais Jack’o’lantern, Léguman si vous préférez. Une « party » organisée dans mon quartier, la porte s’ouvre sur l’exacte réplique de mon costume, version féminine. Ca commence bien. Un vampire converse avec un pasteur, un ange passe, et des meilleures. Et, dans un coin, encore un homme citrouille. S’il y a un prix pour le déguisement le moins original, il nous sera décerné collectivement. Mais je me console vite, j’ai la plus grosse tête (je suis au GCG), et de loin. La taille n’est pas tout, mais ça flatte l’ego. De toute façon, je me rend rapidement compte que ça n’est pas une configuration idéale pour discuter et, pire, qu’il m’est impossible d’ingurgiter le moindre liquide.

Je tombe le masque, et m’approche des fromages français que j’ai apportés, Ils ont un franc succès, une bonne sœur se taille une part démesurée qu’elle dépose sur un bagel (dédaignant la baguette ad hoc) et l’engloutit sans mastiquer religieusement ce sacrement de mon pays. Un curé (le clergé étant presque autant surreprésenté que les courges) m’assure que le fromage est exquis, tout en se servant pour la troisième fois… une tranche de beurre de Bretagne.

Forte amusante soirée, qui s’est fini très tard. Fait inouï, je n’ai pas croisé de policiers sur le chemin du retour. Ce qui tombait plutôt bien, on m’a fait remarquer que ma combinaison orange était l’exacte réplique de celles portées par les prisonniers aux USA. Je visiterai les geôles états-uniennes une autre fois.

Et je voulais prendre des photos de ces jardins maléfiques, vous offrir un florilège de ce kitsch vénéneux. Mais deux jours après Halloween, tout a disparu. Exit les macchabées et les sorcières, tout a été sagement remisé pour l’an prochain.

Prochaine étape, Thanksgiving. Et on voit déjà apparaître les premières décorations de Noël.

J’ai le pressentiment que je n’ai pas fini de voir du plastique.

mercredi 31 octobre 2007

La vie à 50%

On nous enjoint de vivre notre vie à 100% ; voir plus, dans les publicités ; les ouvrages d’Eric Emmanuel Schmitt ou d’autres de qualité comparable. Facile à dire ; plus compliqué à mettre en œuvre lorsqu’on comprend 50% de ce qui se passe autour de soi.

Ce que disent les gens d’abord, ils semblent prendre un malin plaisir à faire étalage de la variété de leurs accents, à démontrer l’étendue de leur vocabulaire pour designer une seule et même idée.

Même commander un burger peut s’avérer périlleux. J’étais retourne plusieurs fois dans le même bouge où, après avoir commandé mon sandwich, on me récitait immanquablement une suite de mots incompréhensible. Au ton interrogateur, j’avais compris qu’on attendait une réponse de ma part et j’ai reproduit approximativement l’un de ces mots, celui qui avait été un peu plus détaché des autres, en prenant un ton sur de moi. La serveuse étant repartie avec l’air satisfait, j’ai retenté l’expérience et j’ai vite remarqué que, selon le phonème choisi, mon burger était accompagne de frites, de patates a l’eau, de purée, d’une salade de pommes de terres… Ils font décidément preuve d’une plus grande imagination pour le nom de leurs garnitures que pour leur variété.

Armé de ce savoir nouveau, je décidais de l’éprouver dans un autre endroit. Même topo mais dans la liste débitée machinalement et à toute vitesse, je ne reconnais pas la moindre syllabe. Nevermind, j’interromps la serveuse, sourire (américain) aux lèvres, je veux des frites mademoiselle. Elle arrondit ses yeux et reprit sa récitation depuis le début, me proposant des choses plus ou moins rares. La sueur commençait à perler sur mon front.
Miracle de la biochimie, c’est ce moment que choisit la bonne synapse pour se connecter à sa voisine et un quelconque neurotransmetteur fit ressurgir un souvenir enfouis dans les tréfonds de mon Ça (ou d’autres endroit classes que je ne maîtrise pas plus). Un souvenir de la classe de cinquième, de l’acné sur mon visage, un jogging trop court « Mais c’est qu’il a encore grandi » et la classe d’anglais de madame Houelle que je n’aimais pas trop même si j’avais des bonnes notes.
- "Do you like this steack Alison?"
- "No, Mr. Brown, it is not cooked enough."
- "Do you think it is too rare, Alison?"
"Rare", c’est la cuisson de la viande.

Question ô combien vaine puisque, a moins de commander l’animal vivant, le choix consiste en différents degrés de carbonisation de la viande. Je m’étais même laissé dire qu’un quelconque amendement de la constitution américaine (ou plus probablement une loi inique et non fédérale) interdirait pour des raisons sanitaires de servir une viande trop rosée.

Je passe le (captivant) épisode ou je mange ledit hamburger pour préciser que ma compréhension orale s’est largement améliorée depuis les premiers jours. Je ne rêve toujours pas en anglais, mais je commence à percer les mystères de l’accent des afro-américains qui ont toujours l’air de chanter quand ils parlent. La difficulté majeure étant les latino-américains qui parlent souvent moins bien anglais que moi. Ils sont gentils, plusieurs m’ont trouvé un accent britannique. Mais ils pourraient parler l’hébreu ancien ou le braille que je ne comprendrai pas moins bien ce qu’ils baragouinent.

Mais, plus que la langue, ce sont les choses inanimées qui font montre d’une hostilité inattendue…

lundi 22 octobre 2007

Chez ouam #3 - Green Day

J’ai fait un rapide saut à mon appartement tout à l’heure histoire de voir où en sont les travaux. J’emménage dans 48 heures et je préfère ne pas me ménager de surprises. Bonne nouvelle, ça a bien avancé, je pourrais occuper deux pièces qui seront complètement terminées le temps que les travaux soient totalement achevés.


Le gros œuvre semble fini, les gravats ont été largement déblayés, les murs qui étaient blancs mais jaunis et creusés ont été rebouchés et fraîchement repeints. Dans un ravissant vert caca d’oie.



Mon propriétaire enfonce fièrement ses mains noueuses dans les poches de sa salopette, bombe le torse et me demande d’un air satisfait si ça me plait. Je lui réponds sans enthousiasme que oui, envoyant tous les signaux non verbaux imaginables pour signifier l’inverse. Je lui demande d’une voix tremblante si il compte également peindre la cuisine et la chambre a coucher, encore épargnées, dans ce ton si délicat, et lui de répondre par l’affirmative en désignant un amoncellement de pots de peinture pas encore entamés. Sans doute destinés au rebut, il a pu les obtenir pour une bouchée de pain.

Toujours est il qu’il se lance dans une petite séance d’auto congratulation sur les reflets charmants de la peinture et la qualité de sa prestation de peintre d’intérieur. D’autant qu’il ne s’est pas ménagé, il a même peint le plafond du couloir.

J’ai un peu l’impression de regarder mon bel appartement à travers une bouteille de vin et je suis partage entre l’hilarité et l’indignation. Le flegme l’emporte, je verrais rouge un autre jour. D’autant que je suis persuadé que je n’ai pas fini d’en voir de toutes les couleurs…

NB: La peinture ayant seché, les couleurs définitives sont apparues, plus proches des marécages que du caca d'oie évoque ci-avant. Mais ca reste tout aussi charmant.

dimanche 21 octobre 2007

Is Chicago? Is not Chicago?

J'ai enfin sauvé la princesse.

Je vous promets un post plus verbeux tout prochainement mais je vous propose pour l’instant un intermède musical très bien senti (clic droit\sauvegarder).

dimanche 14 octobre 2007

La fin des haricots

Ce message sonne la fin de mon blog.

Temporairement en tous cas. Depuis quelques jours déjà, je suis devenu un « no-life », digne des plateaux de Delarue et autres Jerry Springer. Les cernes qui marquent mon visage, ma hâte a quitter le bureau le soir, mon manque d’intérêt pour une intégration sociale réussie, tout cela tient à l’achat de Zelda DS.
Si je prête foi aux medias, une résurrection sociale est possible à court terme, le dernier épisode de la sémillante série serait assez court.

Soyez en tous cas assurés que la prochaine fois que vous me lirez, je serai un homme accompli. J’aurais sauvé une princesse et, fort certainement, déjoué un complot abject visant la domination du monde par les forces du mal.

Calice ! C’est qu’il faut payer de son hostie de personne pour être un héro…

Je dois préciser que le jeu est en anglais, mais doté d’une option hilarante : la version québécoise.