En effet, s’ils vont mettre dans l’urne (la machine) un bulletin avec le nom de l’un des deux candidats, mes fellow Americans vont en fait designer de grands électeurs qui eux, vont effectivement élire le président. Et dans le choix de ces grands électeurs, c’est le principe du tout ou rien qui s’applique. Si un des candidats ne dispose ne serait-ce que d’un seul vote d’avance, l’ensemble des grands électeurs de l’Etat lui seront acquis.
Ce système assure une grande stabilité du régime. Seuls les deux grands partis peuvent l’emporter, et sont écartées les myriades de petits partis, souvent locaux. Exit les prohibitionnistes, le parti de la marijuana, celui pour l’indépendance du Minnesota, le parti pour l’expansion géographique des USA, le parti des phalanges chrétiennes et même…des partis d’obédience marxiste ou trotskisteLe nombre de grands électeurs de chaque état est fonction de la population. En théorie, puisque le vote d’un Californien bronzé et démocrate (55 électeurs pour 36.5 millions de personnes) vaudra presque quatre fois moins que celui d’un mineur palot et républicain du Wyoming (3 electeurs pour 500,000 personnes).

Mais de toute façon, ni le vote de Californie ni celui du Wyoming n’intéresse les candidats. Les cotes Est et Ouest ainsi que la majorité du Midwest (l’Illinois donc) ont, de mémoire d’homme, toujours voté démocrate. Les états de la Bible belt (le sud) et les états paysans du centre sont des républicains convaincus depuis plusieurs générations. Une sorte d’inertie partage le pays en un nombre à peu près égal de grands électeurs pour chacun des deux camps. Mais certains états peuples d’irréductibles électeurs résistent encore : ce sont les swing states (un dizaine, dont la Floride, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie et le Nouveau Mexique) qui votent selon l’air du temps. Ce sont eux qui font et défont les présidents, c’est la qu’ont été dépensés les millions du butin de campagne de chacun des candidats, tandis que les 40 autres états sont boudés par les campagnes.
Et encore, au sein de ces états, ce sont les indépendants – susceptibles de choisir le candidat qui leur apparait le meilleur sans condition d’appartenance – qui sont l’objet de toutes les séductions. Un petit nombre d’électeurs qui décidera d’envoyer l’un à Washington et de renvoyer l’autre en Arizona.
C’est ainsi que Georges Bush, emportant a quelques centaines de milliers de voix les 27 grands électeurs de Floride a rempilé pour 4 ans, alors même que plus de la moitie des américains avaient voté en faveur de Al Gore.
Voila pour les grandes lignes, mais l’homme de Main Street n’y comprend pas grand-chose (c’est peut être pour cela qu’il vote habituellement peu), et moi itou. C’est la un des systèmes électoraux les plus complexes jamais élaborés par l’esprit humain, bourré d’exceptions et nimbé de mystère. Seule une poignée de juristes spécialisés en droit constitutionnel doivent s’en transmettre les arcannes au creux de l’oreille dans des bureaux capitonnés.
Mais l’essentiel, c’est que les machines donneront le vainqueur le 4 novembre...
J’en ai oublie de formuler mon pronostic. Il me reste quelques jours et, en attendant, je vous invite à parcourir les fort intéressantes cartes interactives de Politico. Le reste du site vaut également le détour.

1 commentaire:
Tout cela me fait peur. D'ici les médias français nous donnent l'impression que c'est dans la poche mais il y a beaucoup trop de rouge sur ta carte. Tu n'imagines pas les trucs ridicules auxquels on a droit ici ("80% des Français voteraient Obama", je défie quiconque de trouver l'intérêt d'un tel sondage). Un de mes potes est américain et lui est convaincu que McCain va passer. Et comme il est de là-bas, ça fait réfléchir...
Au fait, il va falloir que tu te dépêches si tu veux faire un pronostic avant que le résultat officiel ne soit connu...
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