mardi 11 novembre 2008

President of the United States of America #3

La veille des élections, j’ai regardé le journal de France 2. Au programme, élections américaines, directs de New York, analyse des derniers sondages, et en final, on vous en remet un peu, de l’élection, c’est tellement bon ! Et de la dentelle que c’était : Bradley faisait l’objet d’une explication traversière, les swing states étaient tenus pour acquis, Joe le plombier battait des records de notoriété, même les chouettes vidéos de Saturday Night Live étaient évoquées…

Vache de JT, ils m’ont tout piqué ! Des sommets de frustration, que j’ai atteint : Mes billets sont devenus inutiles, vestiges de ma naïveté. Voulant faire preuve de pédagogie sur un sujet que vous suiviez de loin en loin, j’aurais sous-estimé la couverture médiatique de l’événement dans l’Hexagone ? Semble que des hectolitres d’encre et de salive ont été déversés pour couvrir ca. Vous auriez plus subi la campagne que nous que ca ne m’étonnerait pas…

Vous n’avez pas d’actualité en France ? De mes journaux télévises français, je me souviens avec émotion de passionnants reportages sur la lente maturation des fromages à pate molle, ou l’association des joueurs de ukulélé gauchers dans la Drome. Le choix du 13 heures de TF1 n’était peut être pas judicieux ? Mais les élections américaines, je m’en tamponnais maison en 2004. S’il y a eu un tel battage à l’époque, cela m’avait certainement donné envie de décéder (ou pire, d’éteindre le poste). Et j’ai oublié...

Plutôt que de corriger mon erreur, je vais persévérer. Et vous en causer une dernière fois, de l’élection. Quitte à risquer l’overdose. Mais cette fois, exit les généralités, je vous donne du vécu. Because c’est ca que vous voulez : De l’émotion, du bling bling, hein ?

J’étais à Grand Park ce soir là. Soixante mille supporters avisés d’Obama avaient obtenu un ticket. Petits fours, champagne californien, Ferrero Rochedor et chaises pliantes, voila comment j’imagine leur soirée. J’imagine, parce que j’étais de l’autre coté des grandes barrières qui obstruaient la vue, gardées par le SWAT, le FBI, CSI Miami et d’autres Goliath à oreillettes. Je partageais la pelouse avec plusieurs centaines de milliers de frustrés qui, n’ayant pu se joindre aux happy few, voulaient quand même se payer une tranche de fête. Bras de chemises et été indien, les conditions étaient idéales. Pour sur, vu d’aussi loin, les écrans ne paraissaient pas géants, mais peu nous importait : C’était notre nuit !

Et nous attendîmes. Bien sur, quand un état clef basculait dans l’escarcelle démocrate, nous hurlions à plein poumons. Encore plus quand une caméra de télévision approchait : Nous, d’agiter nos fanions, de feindre l’apoplexie ou de simuler l’hystérie, c’est selon. La caméra s’éloignait et les bras s’enfonçaient dans les poches des blue jeans, et l’attente reprenait. Même les publicités diffusées toutes les dix minutes sur les écrans géants ne parvenaient qu’à peine à relancer les conversations paresseuses.

Enfin s’affiche le verdict des urnes. Nous braillons de plus belle. Bien cinq minutes à se décoller la luette, à applaudir a s’en écorcher les paumes. Moi, je voulais de l’extatique, des évanouissements, des larmes en quantité, des jeunes filles à peine nubiles qui dévoilent leur poitrine et embrassent des inconnus, une foule qui, poing levé, entonne l’Internationale en vibrant d’émotion, et des aveugles qui recouvrent la vue ! Mais tout revint à la normale, les minutes s’égrenant lentement et la foule retrouvant son apathie bienheureuse.

Le président apparut enfin sur l’écran. On recommença à crier mais il se racla la gorge et les quelques « Yes we can » furent aussitôt étouffés par la foule soucieuse de ne pas perdre un mot de son nouveau gourou. Le speech, vous l’avez tous vu. Mieux que moi. Il y avait un grand gazier juste dans mon champ de vision et la sono était naze. Sept minutes trente après des heures d’attente. Puis on a rempilé, certains pour fêter la victoire dans un bar, la majorité, direction la maison. Mon quartier était très calme, on eut dit un mardi comme les autre, sauf que je me suis couché tôt.

Il parait que c’est l’Histoire que j’ai vu. Ce qui est certain, c’est que j’ai eu confirmation d’une vérité qui m’est apparue pour la première fois en classe de quatrième avec madame Ragot, un jeudi de 14 à 16 heures : L’histoire c’est chiant.

dimanche 2 novembre 2008

President of the United States of America #2

Je vous avais donc laissés en plan avant de vous donner mon pronostic, procédé de teasing un peu facile, j’en conviens. Je m’exécute : Si la crise économique a été une bonne nouvelle pour quelqu’un, c’est pour Barack Obama. Distancé dans les sondages au moment de la crise Georgienne, il a repris de l’avance suite aux déboires économiques, face à un John Mc Cain qui reconnaissait « ne pas comprendre grand-chose à l’economie » (sic). Barrack est attendu en tète dans une majorité de swing states, et pourrait même réaliser un hold up dans quelques états rouges.


Et si je me trompe, outre effacer ce billet, je ne manquerais pas d’invoquer l’effet Bradley. Tom Bradley était maire de Los Angeles et candidat démocrate au poste de sénateur de Californie en 1982. Les sondages le donnaient largement favori. Ceux sortie des urnes également, si bien que certains journaux du matin avaient déjà titré sur sa victoire. Mais il est resté sur le carreau. L’explication tient simplement à la difficulté d’assumer son racisme. Les cameras braquées sur vous, allez déclarer que la place d’un nègre est plutôt pendouillant à une branche que dans le confortable fauteuil d’un sénateur. D’où déclaration de support des WASPs (les anglo saxons blancs et protestants) qui, dans le secret de l’isoloir ont préféré voter blanc (enfin, pas blanc, mais le contraire de noir, vous suivez ?) Et si l’histoire a gardé le nom de Bradley et de son effet, il n’est qu’un nom parmi les nombreux afro-américains en tête des sondages mais finalement écartés d’un mandat. Apres des années de Cosby Show, Morgan Freeman président dans Deep Impact et un autre dans 24 heures, l’Amérique est elle prête pour un président noir (qui d’ailleurs est métis) ? Ou le pauvre Bradley, après son siège de gouverneur, va-t-il se faire également voler le nom de son effet?

Personnellement, je supporte le candidat local, Barack Hussein (aie !) Obama. A prononcer éventuellement « Ossama » comme on prononçait « Mittrand » en d’autre temps. Comme il le dit, il faudrait apporter de la nouveauté à Washington. De la nouveauté de Chicago, vitrine démocrate : Le taux de corruption est ici digne d’une république bananière, les taxes sont les plus élevées du pays (10% de TVA !), le bodycount (nombre de morts violents) pour 2008 est plus élevé que celui des citoyens US en Irak (les gangs sont devenus fous), les transports publics sont parmi les plus carences en financement public (certes, toutes les villes n’ont pas de réseau public, mais on n’est pas en Union Soviétique !)… L’engouement populaire des européens pour Obama m’échappe un peu. J’ai vu – à la télévision française - un groupe d’antillais faisant « campagne » pour lui en banlieue parisienne, distribuant des tracts et chantant Obama président. WTF ? (« Mais que cela signifie t’il ? » pour les non anglophones et les oreilles chastes). Obama n’a pas de liens forts avec l’Europe, il risque de mener un politique, certes moins interventionniste, mais plus isolationniste que son prédécesseur et je doute qu’une lune de miel entre les USA et l’Europe soit au programme.

Quant à John Mc Cain, ca n’est pas non plus l’incarnation du mal comme le font croire certains medias européens. Il a toujours été un véritable libéral (enfin, un libertaire, l’anglais n’ayant pas dévoyé le sens de ce mot). A l’extrême gauche du parti républicain, il est pour un contrôle des armes, pour le droit au choix en matière d’avortement (et pas en faveur de l’avortement, opinion bizarroïde), s’est opposé à l’interdiction du mariage gay (ce qui est en soi une position progressiste ici). Il diffère largement de son rival en matière de politique extérieure, mais l’Amérique peine déjà a mener de front deux guerres, ca n’est pas demain qu’elle aura les moyens d’attaquer l’Iran. Et un retrait précipité d’Irak sera t’il positif pour les locaux ?

Ce garçon ne m’est décidément pas antipathique, j’aurai presque pu être partagé. Mais il a du au cours des derniers mois du donner des gages aux libéraux (les « libertairians » si vous suivez) et aux chrétiens fondamentalistes. Aux premiers, il a promis de poursuivre la politique fiscale de son prédécesseur, aux seconds il a donné… un bulldog avec du rouge à lèvres répondant au doux nom de Sarah Pallin. Le monsieur ayant 72 ans, jamais le poste de vice président(e) n’a eu autant d’importance : Un cabinet d’actuaires (ce métier étrange, vous vous souvenez ?) a évalué les chances de Mc Cain d’être en vie après deux mandat a 75% (sans tenir compte de ses antécédents médicaux, notamment un cancer de la peau). Et Pallin, elle, est effrayante. Mais cela, les medias français s’en sont suffisamment fait l’écho je crois.

Enfin, je voulais vous parler de Joe le plombier, nouveau mythe dans cette campagne. Lors du dernier débat présidentiel, ce monsieur a eu son quart d’heure de célébrité. Il a discute avec Obama lors d’un meeting en Ohio, craignant d’être plus taxe si celui-ci était élu. Et Mc Cain de citer le plombier des dizaines de fois au cours du débat, Joe a fait la couverture de nombreux journaux les jours qui ont suivi, et il est désormais le second plombier le plus célèbre (après Super Mario). Outre le fait que cela signifie que le plombier en question gagne plus de 250,000 dollars par an (WTF ?), ca m’a fait repenser au plombier polonais qui menaçait la France il y a deux ans. Décidément c’est un métier surmédiatisé, j’aurais du choisir ca.



Pour patienter jusqu'à mardi, je vais faire du forcing pour obtenir un billet pour le meeting d’Obama, mais je suis sur liste d’attente, comme des dizaines de milliers de Chicagoans. Et vous pouvez regarder des extraite de l’émission satyrique Saturday Night Live qui a fait des parodies tout a fait désopilantes des (fades) débats présidentiels :

http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/palin-hillary-open/656281/
http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/presidential-debate/704121/
http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/vp-debate-open-palin-biden/727421/
http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/update-thursday-debate-open/742065/
http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/update-thursday-final-debate/768721/

Pour les prévisions météorologiques, si Obama n’est pas élu, on craint des chutes de pierres, précipitations d’objets plus ou moins contondants dans la nuit de mardi. Des incendies aussi, qui devraient probablement se limiter aux quartiers pauvres du Sud de la ville. Je n’ai jamais cru en la météo.

vendredi 31 octobre 2008

President of the United States of America #1

Je vais me risquer à faire un pronostic quant au résultat de l’élection présidentielle. C’est moins aisé qu’il n’y parait, les sondages nationaux dont on vous abreuve étant dénués de tout sens.

En effet, s’ils vont mettre dans l’urne (la machine) un bulletin avec le nom de l’un des deux candidats, mes fellow Americans vont en fait designer de grands électeurs qui eux, vont effectivement élire le président. Et dans le choix de ces grands électeurs, c’est le principe du tout ou rien qui s’applique. Si un des candidats ne dispose ne serait-ce que d’un seul vote d’avance, l’ensemble des grands électeurs de l’Etat lui seront acquis.


Ce système assure une grande stabilité du régime. Seuls les deux grands partis peuvent l’emporter, et sont écartées les myriades de petits partis, souvent locaux. Exit les prohibitionnistes, le parti de la marijuana, celui pour l’indépendance du Minnesota, le parti pour l’expansion géographique des USA, le parti des phalanges chrétiennes et même…des partis d’obédience marxiste ou trotskiste

Le nombre de grands électeurs de chaque état est fonction de la population. En théorie, puisque le vote d’un Californien bronzé et démocrate (55 électeurs pour 36.5 millions de personnes) vaudra presque quatre fois moins que celui d’un mineur palot et républicain du Wyoming (3 electeurs pour 500,000 personnes).


Mais de toute façon, ni le vote de Californie ni celui du Wyoming n’intéresse les candidats. Les cotes Est et Ouest ainsi que la majorité du Midwest (l’Illinois donc) ont, de mémoire d’homme, toujours voté démocrate. Les états de la Bible belt (le sud) et les états paysans du centre sont des républicains convaincus depuis plusieurs générations. Une sorte d’inertie partage le pays en un nombre à peu près égal de grands électeurs pour chacun des deux camps. Mais certains états peuples d’irréductibles électeurs résistent encore : ce sont les swing states (un dizaine, dont la Floride, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie et le Nouveau Mexique) qui votent selon l’air du temps. Ce sont eux qui font et défont les présidents, c’est la qu’ont été dépensés les millions du butin de campagne de chacun des candidats, tandis que les 40 autres états sont boudés par les campagnes.


Et encore, au sein de ces états, ce sont les indépendants – susceptibles de choisir le candidat qui leur apparait le meilleur sans condition d’appartenance – qui sont l’objet de toutes les séductions. Un petit nombre d’électeurs qui décidera d’envoyer l’un à Washington et de renvoyer l’autre en Arizona.

C’est ainsi que Georges Bush, emportant a quelques centaines de milliers de voix les 27 grands électeurs de Floride a rempilé pour 4 ans, alors même que plus de la moitie des américains avaient voté en faveur de Al Gore.

Voila pour les grandes lignes, mais l’homme de Main Street n’y comprend pas grand-chose (c’est peut être pour cela qu’il vote habituellement peu), et moi itou. C’est la un des systèmes électoraux les plus complexes jamais élaborés par l’esprit humain, bourré d’exceptions et nimbé de mystère. Seule une poignée de juristes spécialisés en droit constitutionnel doivent s’en transmettre les arcannes au creux de l’oreille dans des bureaux capitonnés.

Mais l’essentiel, c’est que les machines donneront le vainqueur le 4 novembre...



J’en ai oublie de formuler mon pronostic. Il me reste quelques jours et, en attendant, je vous invite à parcourir les fort intéressantes cartes interactives de Politico. Le reste du site vaut également le détour.

dimanche 14 septembre 2008

Ike

L'ouragan Ike a traversé les USA et s'est abattu sur Chicago ce week-end. Les pires inondations jamais enregistrées ici. L'état d'urgence est déclaré.

Entre les messages alarmistes de la télévision et la vision plutôt rassurante offerte par mes persiennes, je ne savais qui croire : Fallait-il céder a la panique ? C’est ce que j’ai fait en commettant l’irréparable : j’ai changé de chaîne.

Remarquez comme les pompiers ont de l'eau jusqu'aux genoux. Le bateau gonflable doit être un hommage au folklore de la Nouvelle Orléans.

Le mot du jour sera donc « Overreacting » : réagir d'une manière extrême, exagérée.

jeudi 21 août 2008

Cherchez l'erreur

Voici le tableau des médailles des jeux d’Athènes :

Et le même pour Pékin (qu’on appelle Beijing ici) :

Alors, vous avez trouvez la petite incohérence ? Non ? Normal, il n’y en a aucune, les États-unis sont bien évidemment à leur place, la première.

Comment cela ? Ce serait la Chine qui l’aurait emporté ? Certes, les médias britanniques, français, allemands, australiens, canadiens et sud africains (et je passe d’autres pays mineurs) classent les pays par le nombre de médailles d’or obtenues.

Mais ici, un consensus veut que l’ensemble de journaux présentent le classement d’après le nombre total de médailles. C’est ça l’esprit olympique : Tous ceux qui montent sur le podium sont des gagnants !

S’il se trouve que cette méthode place les USA en première place, c’est certainement un hasard. S’il se trouve que la méthode de classement a été modifiée depuis Athènes, il s’agit d’une nette amélioration. D’ailleurs, ils semble que bien peu d’Américains aient note ce changement…

Comment cela, un orgueil national mal place ? Plutôt que de critiquer, vous devriez vous réjouir de la 5ème place de la France.

lundi 4 août 2008

Lollapalooza

J'étais à Lollapalooza ce week-end et du coup, je vais vous causer musique aujourd'hui (comme dans les billets précédents il est vrai).

Mais en remarque liminaire, je souhaitais souligner un propos qui sous tendra l'ensemble de ce message: les traducteurs automatiques sont fort pratiques mais l’abus en est dangereux. Je préciserai encore que "餐厅" signifie "restaurant" en chinois. Maintenant, je vous laisse examiner la photo ci-dessous:



Ayant ri de votre saoul, je vous propose de me suivre pour un petit voyage musical que j’ai effectué au profit mes heures de travail. Ne respectant décidément rien, j'ai décidé de passer la première strophe de notre hymne national à la moulinette d'un traducteur automatique.

Je vous invite donc à vous lever, à mettre la main sur le coeur, et à entonner :

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé. (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans nos bras
Égorger nos fils, nos compagnes !


Nous descendons maintenant vers le sud, pour faire une halte dans l'un de ces pays de la future Union Méditerranéenne, de ceux qui écrivent dans le mauvais sens :

Les enfants patrie de Los Angeles,
Le jour de gloire est arrivé
Nous sommes contre la tyrannie
Sanglante du drapeau dressé. (Aa)
Entendez-vous dans les zones rurales
Mugir ces féroces soldats?
Ils viennent à nos armes
Tué nos fils, Mates!


Pour une raison qui m’échappe, seul le premier « la » a été transformé en L.A. Mais des palmiers (Californiens) se profilent dans notre hymne, cela se tient. Poussons vers l’Orient, et arrêtons sur les bords de la Volga, a Volgograd :

Les enfants patrie à Los Angeles,
Un jour de gloire est arrivé !
Nous nous opposons à la tyrannie
Sanglante du pavillon est soulevée. (AA)
Vous voulez en savoir rurales
Brutale mugir ces soldats?
Ils viennent dans nos bras
Ont tué notre fils, camarades!


Vous aurez noté l'amusante apparition d'un "camarade", fleurant encore bon le soviétisme. Poursuivons toujours plus à l’est, en Inde (Hindi) :

Les enfants dans la maison de Los Angeles,
Un jour de gloire est atteint !
Nous nous opposons à la torture
Sanglante pavillon est soulevée. (AA)
Vous voulez en savoir que ces soldats
Mugir rurales cruels?
Nous avons les armes, qu'ils viennent
A notre fils de meurtre, camarades!


Notre destination finale est, bien entendue, Pékin (que le reste du monde appelle Beijing). J’avoue avoir, à des fins de clarté pris la liberté de corriger quelques erreurs de genres et d’accord mais c’est presque brut que je vous livre ce diamant :

Les enfants à la Chambre des représentants,
Los Angeles, le jour de gloire, est atteint !
Nous sommes opposés à la torture
Par le sanglant pavillon. (AA)
Vous souhaitez en savoir
Que ces soldats mugir ruraux et cruels
Nous avons des armes, ils en sont venus
A l'assassinat de notre fils, camarades!


La nature subversive de La Marseillaise est toujours d’actualité, voila qu'elle dénonce la torture. Pour sur, dans les couplets suivants, j’aurais trouvé un appel pour la liberté de la presse ou l’indépendance du Tibet.

Toujours est il que je crois tenir avec ce procédé d’écriture automatique un très chouette texte, il ne me reste plus qu’a convaincre Grand Corps Malade de le déclamer sur un air reggae emprunté à Serge Gainsbourg

A part ça, Lollapalooza c’était franchement rigolo...

jeudi 15 mai 2008

Movement #1

Si vous étiez de mes petits camarades de teufs, sachez que j’ai eu une pensée émue à votre endroit ce week end. J'etais dans la cité originelle, Detroit.

Arrivé à l’aéroport, immense, je déambule une quarantaine de minutes avant de décider que l’humilité n’est pas superflue. Je demande mon chemin et on me répond d’un air narquois que des transports en commun pour aller en centre ville, il n’y en a pas. C’est pas le tiers monde, ici !

Mon taxi me dépose en avance, j’adopte les réflexes autochtones et pousse la porte bardée d’autocollants d’une gargote pour commander une bière. Stupéfaction, on me l’amène sans me demander de pièce d’identité. Enivré par un tel succès, je veux repousser plus loin encore les limites et, comble de l’incongruité, porte une cigarette à ma bouche. Je jette un regard autour de moi, personne ne m’a remarqué, j’aspire la fumée dense et ce qui devait arriver arriva : Le serveur cavale dans ma direction, je baisse les yeux, fébrile, et manque de renverser… le cendrier qu’il venait de déposer sur ma table. Le Michigan est décidément l’endroit de tous les dangers, ça me plait…

Mêlé à un plaisir que je croyais perdu, chaque bouffée est accompagnée d’un étrange sentiment de culpabilité. Mon regard se pose sur les enfants assis à quelques tables de là et qui vont certainement mourir dans les prochaines minutes, par ma faute. Je suis une sorte d’assassin, le narrateur de ma propre American Psycho…

La bière est suivie de la spécialité locale, une saucisse type Francfort fourrée dans un pain long et brioché, couverte de ketchup et de moutarde. En dégustant cette recette certainement millénaire, je me félicite d’avoir prêté attention aux autocollants de la porte sans lesquels, tels un touriste superficiel, j’aurais pu me méprendre et confondre la spécialité locale, le Coney Island, avec un vulgaire hot dog. D’autant que ce dernier est déjà la spécialité d’une quarantaine de villes aux US. Ah, les touristes sont vraiment des cons…

Mais il est temps d’aller danser. En m’approchant du Hart Plaza, mon corps vibre au rythme des infrabasses et un sourire se dessine sur mon visage. Il disparaît aussitôt : la file d’attente s’allonge presque à l’horizon. Juste à coté de moi, un groupe d’Hare Krishna réalise un miracle, celui, inattendu, de couvrir les nappes de techno de leurs youyous et de leurs percussions. Je ne parviens pas à les prendre sur le fait, mais je jurerai qu’ils opèrent de réguliers pas chassés dans le sens de la file : Quand je m’approche du guichet, eux ne s’éloignent pas. J’enfonce mes poings dans mon jean Pepe, les envies de meurtre me reprennent… Ils sont pardonnés quand enfin j’étreins le billet que j’échangerai contre le ridicule bracelet jaune qui ne me quittera pas pendant trois jours.
J’entre dans le son...