vendredi 31 octobre 2008

President of the United States of America #1

Je vais me risquer à faire un pronostic quant au résultat de l’élection présidentielle. C’est moins aisé qu’il n’y parait, les sondages nationaux dont on vous abreuve étant dénués de tout sens.

En effet, s’ils vont mettre dans l’urne (la machine) un bulletin avec le nom de l’un des deux candidats, mes fellow Americans vont en fait designer de grands électeurs qui eux, vont effectivement élire le président. Et dans le choix de ces grands électeurs, c’est le principe du tout ou rien qui s’applique. Si un des candidats ne dispose ne serait-ce que d’un seul vote d’avance, l’ensemble des grands électeurs de l’Etat lui seront acquis.


Ce système assure une grande stabilité du régime. Seuls les deux grands partis peuvent l’emporter, et sont écartées les myriades de petits partis, souvent locaux. Exit les prohibitionnistes, le parti de la marijuana, celui pour l’indépendance du Minnesota, le parti pour l’expansion géographique des USA, le parti des phalanges chrétiennes et même…des partis d’obédience marxiste ou trotskiste

Le nombre de grands électeurs de chaque état est fonction de la population. En théorie, puisque le vote d’un Californien bronzé et démocrate (55 électeurs pour 36.5 millions de personnes) vaudra presque quatre fois moins que celui d’un mineur palot et républicain du Wyoming (3 electeurs pour 500,000 personnes).


Mais de toute façon, ni le vote de Californie ni celui du Wyoming n’intéresse les candidats. Les cotes Est et Ouest ainsi que la majorité du Midwest (l’Illinois donc) ont, de mémoire d’homme, toujours voté démocrate. Les états de la Bible belt (le sud) et les états paysans du centre sont des républicains convaincus depuis plusieurs générations. Une sorte d’inertie partage le pays en un nombre à peu près égal de grands électeurs pour chacun des deux camps. Mais certains états peuples d’irréductibles électeurs résistent encore : ce sont les swing states (un dizaine, dont la Floride, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie et le Nouveau Mexique) qui votent selon l’air du temps. Ce sont eux qui font et défont les présidents, c’est la qu’ont été dépensés les millions du butin de campagne de chacun des candidats, tandis que les 40 autres états sont boudés par les campagnes.


Et encore, au sein de ces états, ce sont les indépendants – susceptibles de choisir le candidat qui leur apparait le meilleur sans condition d’appartenance – qui sont l’objet de toutes les séductions. Un petit nombre d’électeurs qui décidera d’envoyer l’un à Washington et de renvoyer l’autre en Arizona.

C’est ainsi que Georges Bush, emportant a quelques centaines de milliers de voix les 27 grands électeurs de Floride a rempilé pour 4 ans, alors même que plus de la moitie des américains avaient voté en faveur de Al Gore.

Voila pour les grandes lignes, mais l’homme de Main Street n’y comprend pas grand-chose (c’est peut être pour cela qu’il vote habituellement peu), et moi itou. C’est la un des systèmes électoraux les plus complexes jamais élaborés par l’esprit humain, bourré d’exceptions et nimbé de mystère. Seule une poignée de juristes spécialisés en droit constitutionnel doivent s’en transmettre les arcannes au creux de l’oreille dans des bureaux capitonnés.

Mais l’essentiel, c’est que les machines donneront le vainqueur le 4 novembre...



J’en ai oublie de formuler mon pronostic. Il me reste quelques jours et, en attendant, je vous invite à parcourir les fort intéressantes cartes interactives de Politico. Le reste du site vaut également le détour.

dimanche 14 septembre 2008

Ike

L'ouragan Ike a traversé les USA et s'est abattu sur Chicago ce week-end. Les pires inondations jamais enregistrées ici. L'état d'urgence est déclaré.

Entre les messages alarmistes de la télévision et la vision plutôt rassurante offerte par mes persiennes, je ne savais qui croire : Fallait-il céder a la panique ? C’est ce que j’ai fait en commettant l’irréparable : j’ai changé de chaîne.

Remarquez comme les pompiers ont de l'eau jusqu'aux genoux. Le bateau gonflable doit être un hommage au folklore de la Nouvelle Orléans.

Le mot du jour sera donc « Overreacting » : réagir d'une manière extrême, exagérée.

jeudi 21 août 2008

Cherchez l'erreur

Voici le tableau des médailles des jeux d’Athènes :

Et le même pour Pékin (qu’on appelle Beijing ici) :

Alors, vous avez trouvez la petite incohérence ? Non ? Normal, il n’y en a aucune, les États-unis sont bien évidemment à leur place, la première.

Comment cela ? Ce serait la Chine qui l’aurait emporté ? Certes, les médias britanniques, français, allemands, australiens, canadiens et sud africains (et je passe d’autres pays mineurs) classent les pays par le nombre de médailles d’or obtenues.

Mais ici, un consensus veut que l’ensemble de journaux présentent le classement d’après le nombre total de médailles. C’est ça l’esprit olympique : Tous ceux qui montent sur le podium sont des gagnants !

S’il se trouve que cette méthode place les USA en première place, c’est certainement un hasard. S’il se trouve que la méthode de classement a été modifiée depuis Athènes, il s’agit d’une nette amélioration. D’ailleurs, ils semble que bien peu d’Américains aient note ce changement…

Comment cela, un orgueil national mal place ? Plutôt que de critiquer, vous devriez vous réjouir de la 5ème place de la France.

lundi 4 août 2008

Lollapalooza

J'étais à Lollapalooza ce week-end et du coup, je vais vous causer musique aujourd'hui (comme dans les billets précédents il est vrai).

Mais en remarque liminaire, je souhaitais souligner un propos qui sous tendra l'ensemble de ce message: les traducteurs automatiques sont fort pratiques mais l’abus en est dangereux. Je préciserai encore que "餐厅" signifie "restaurant" en chinois. Maintenant, je vous laisse examiner la photo ci-dessous:



Ayant ri de votre saoul, je vous propose de me suivre pour un petit voyage musical que j’ai effectué au profit mes heures de travail. Ne respectant décidément rien, j'ai décidé de passer la première strophe de notre hymne national à la moulinette d'un traducteur automatique.

Je vous invite donc à vous lever, à mettre la main sur le coeur, et à entonner :

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé. (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans nos bras
Égorger nos fils, nos compagnes !


Nous descendons maintenant vers le sud, pour faire une halte dans l'un de ces pays de la future Union Méditerranéenne, de ceux qui écrivent dans le mauvais sens :

Les enfants patrie de Los Angeles,
Le jour de gloire est arrivé
Nous sommes contre la tyrannie
Sanglante du drapeau dressé. (Aa)
Entendez-vous dans les zones rurales
Mugir ces féroces soldats?
Ils viennent à nos armes
Tué nos fils, Mates!


Pour une raison qui m’échappe, seul le premier « la » a été transformé en L.A. Mais des palmiers (Californiens) se profilent dans notre hymne, cela se tient. Poussons vers l’Orient, et arrêtons sur les bords de la Volga, a Volgograd :

Les enfants patrie à Los Angeles,
Un jour de gloire est arrivé !
Nous nous opposons à la tyrannie
Sanglante du pavillon est soulevée. (AA)
Vous voulez en savoir rurales
Brutale mugir ces soldats?
Ils viennent dans nos bras
Ont tué notre fils, camarades!


Vous aurez noté l'amusante apparition d'un "camarade", fleurant encore bon le soviétisme. Poursuivons toujours plus à l’est, en Inde (Hindi) :

Les enfants dans la maison de Los Angeles,
Un jour de gloire est atteint !
Nous nous opposons à la torture
Sanglante pavillon est soulevée. (AA)
Vous voulez en savoir que ces soldats
Mugir rurales cruels?
Nous avons les armes, qu'ils viennent
A notre fils de meurtre, camarades!


Notre destination finale est, bien entendue, Pékin (que le reste du monde appelle Beijing). J’avoue avoir, à des fins de clarté pris la liberté de corriger quelques erreurs de genres et d’accord mais c’est presque brut que je vous livre ce diamant :

Les enfants à la Chambre des représentants,
Los Angeles, le jour de gloire, est atteint !
Nous sommes opposés à la torture
Par le sanglant pavillon. (AA)
Vous souhaitez en savoir
Que ces soldats mugir ruraux et cruels
Nous avons des armes, ils en sont venus
A l'assassinat de notre fils, camarades!


La nature subversive de La Marseillaise est toujours d’actualité, voila qu'elle dénonce la torture. Pour sur, dans les couplets suivants, j’aurais trouvé un appel pour la liberté de la presse ou l’indépendance du Tibet.

Toujours est il que je crois tenir avec ce procédé d’écriture automatique un très chouette texte, il ne me reste plus qu’a convaincre Grand Corps Malade de le déclamer sur un air reggae emprunté à Serge Gainsbourg

A part ça, Lollapalooza c’était franchement rigolo...

jeudi 15 mai 2008

Movement #1

Si vous étiez de mes petits camarades de teufs, sachez que j’ai eu une pensée émue à votre endroit ce week end. J'etais dans la cité originelle, Detroit.

Arrivé à l’aéroport, immense, je déambule une quarantaine de minutes avant de décider que l’humilité n’est pas superflue. Je demande mon chemin et on me répond d’un air narquois que des transports en commun pour aller en centre ville, il n’y en a pas. C’est pas le tiers monde, ici !

Mon taxi me dépose en avance, j’adopte les réflexes autochtones et pousse la porte bardée d’autocollants d’une gargote pour commander une bière. Stupéfaction, on me l’amène sans me demander de pièce d’identité. Enivré par un tel succès, je veux repousser plus loin encore les limites et, comble de l’incongruité, porte une cigarette à ma bouche. Je jette un regard autour de moi, personne ne m’a remarqué, j’aspire la fumée dense et ce qui devait arriver arriva : Le serveur cavale dans ma direction, je baisse les yeux, fébrile, et manque de renverser… le cendrier qu’il venait de déposer sur ma table. Le Michigan est décidément l’endroit de tous les dangers, ça me plait…

Mêlé à un plaisir que je croyais perdu, chaque bouffée est accompagnée d’un étrange sentiment de culpabilité. Mon regard se pose sur les enfants assis à quelques tables de là et qui vont certainement mourir dans les prochaines minutes, par ma faute. Je suis une sorte d’assassin, le narrateur de ma propre American Psycho…

La bière est suivie de la spécialité locale, une saucisse type Francfort fourrée dans un pain long et brioché, couverte de ketchup et de moutarde. En dégustant cette recette certainement millénaire, je me félicite d’avoir prêté attention aux autocollants de la porte sans lesquels, tels un touriste superficiel, j’aurais pu me méprendre et confondre la spécialité locale, le Coney Island, avec un vulgaire hot dog. D’autant que ce dernier est déjà la spécialité d’une quarantaine de villes aux US. Ah, les touristes sont vraiment des cons…

Mais il est temps d’aller danser. En m’approchant du Hart Plaza, mon corps vibre au rythme des infrabasses et un sourire se dessine sur mon visage. Il disparaît aussitôt : la file d’attente s’allonge presque à l’horizon. Juste à coté de moi, un groupe d’Hare Krishna réalise un miracle, celui, inattendu, de couvrir les nappes de techno de leurs youyous et de leurs percussions. Je ne parviens pas à les prendre sur le fait, mais je jurerai qu’ils opèrent de réguliers pas chassés dans le sens de la file : Quand je m’approche du guichet, eux ne s’éloignent pas. J’enfonce mes poings dans mon jean Pepe, les envies de meurtre me reprennent… Ils sont pardonnés quand enfin j’étreins le billet que j’échangerai contre le ridicule bracelet jaune qui ne me quittera pas pendant trois jours.
J’entre dans le son...

lundi 24 mars 2008

Pâques Man

Un intense moment d’émotion.

Ca n’est qu’aux Etats-Unis d’Amérique qu’on peut voir ce genre d’images :


samedi 15 mars 2008

Enfin un peu de sexe...

(ou comment je ne recule devant rien pour augmenter le traffic sur mon blog.)

Hier soir, ayant décidé de parfaire ma culture, j’ai accordé de mon temps de cerveau disponible à un Jean-Marc Morandini local. Une émission d’enquête et d’analyse sur les prédateurs sexuels. Outres des témoignages bouleversants assortis des inévitables gallons de divers liquides lacrymaux, j’ai découvert un site fantastique : Familly Watchdog.

Dans une saine volonté de protéger nos enfants, nos femmes et nos fesses, chacun d’entre nous a accès à des informations capitales :

Les croix correspondent à des écoles, le rouge à des agressions d’enfants à caractère sexuel, le jaune des viols, bleu à des violences sexuelles, et le vert aux autres crimes sexuels (genre abus sexuel aggrave avec mutilations). La maison c'est chez moi.

On a accès a des fiches individuelles tres bien faites: lieu de travail et domicile, photo, adresse, nature des crimes et un descriptif physique très précis (taille, poids, date de naissance mais aussi tatouages…).
Une sorte de Meetic sans chat (pour l’instant en tous cas) mais on a les centres d'intérêts (petits garçons, mutilations rituelles...)
Mon préféré pour l’instant c’est Kareem Abdul Jabbar: 2 abus sexuels aggravés sur enfants (13 a 16 ans). Pas très souriant, mais il est du quartier.

Une culture de l’autoprotection héritée de l’ère du Far West, sans doute. C’est assez inquiétant en matière de libertés individuelles pour un observateur européen. Mais un citoyen américain vous rétorquera que c’est sa liberté d’information qui est en jeu.

C’est également inquiétant quand on songe aux emplois détournes qui peuvent en être fait. Outre la possibilité d’agression de délinquants ayant déja payé leur tribut a la société, un esprit pervers peut générer de telles cartes :

Donc pour la cocaine, il vaut mieux rester dans les quartiers nord. Je peux choisir le type de drogue qui m'interesse, trouver les hauts lieux de la prostitution...

Un monde nouveau s'ouvre a moi !