jeudi 21 août 2008

Cherchez l'erreur

Voici le tableau des médailles des jeux d’Athènes :

Et le même pour Pékin (qu’on appelle Beijing ici) :

Alors, vous avez trouvez la petite incohérence ? Non ? Normal, il n’y en a aucune, les États-unis sont bien évidemment à leur place, la première.

Comment cela ? Ce serait la Chine qui l’aurait emporté ? Certes, les médias britanniques, français, allemands, australiens, canadiens et sud africains (et je passe d’autres pays mineurs) classent les pays par le nombre de médailles d’or obtenues.

Mais ici, un consensus veut que l’ensemble de journaux présentent le classement d’après le nombre total de médailles. C’est ça l’esprit olympique : Tous ceux qui montent sur le podium sont des gagnants !

S’il se trouve que cette méthode place les USA en première place, c’est certainement un hasard. S’il se trouve que la méthode de classement a été modifiée depuis Athènes, il s’agit d’une nette amélioration. D’ailleurs, ils semble que bien peu d’Américains aient note ce changement…

Comment cela, un orgueil national mal place ? Plutôt que de critiquer, vous devriez vous réjouir de la 5ème place de la France.

lundi 4 août 2008

Lollapalooza

J'étais à Lollapalooza ce week-end et du coup, je vais vous causer musique aujourd'hui (comme dans les billets précédents il est vrai).

Mais en remarque liminaire, je souhaitais souligner un propos qui sous tendra l'ensemble de ce message: les traducteurs automatiques sont fort pratiques mais l’abus en est dangereux. Je préciserai encore que "餐厅" signifie "restaurant" en chinois. Maintenant, je vous laisse examiner la photo ci-dessous:



Ayant ri de votre saoul, je vous propose de me suivre pour un petit voyage musical que j’ai effectué au profit mes heures de travail. Ne respectant décidément rien, j'ai décidé de passer la première strophe de notre hymne national à la moulinette d'un traducteur automatique.

Je vous invite donc à vous lever, à mettre la main sur le coeur, et à entonner :

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé. (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans nos bras
Égorger nos fils, nos compagnes !


Nous descendons maintenant vers le sud, pour faire une halte dans l'un de ces pays de la future Union Méditerranéenne, de ceux qui écrivent dans le mauvais sens :

Les enfants patrie de Los Angeles,
Le jour de gloire est arrivé
Nous sommes contre la tyrannie
Sanglante du drapeau dressé. (Aa)
Entendez-vous dans les zones rurales
Mugir ces féroces soldats?
Ils viennent à nos armes
Tué nos fils, Mates!


Pour une raison qui m’échappe, seul le premier « la » a été transformé en L.A. Mais des palmiers (Californiens) se profilent dans notre hymne, cela se tient. Poussons vers l’Orient, et arrêtons sur les bords de la Volga, a Volgograd :

Les enfants patrie à Los Angeles,
Un jour de gloire est arrivé !
Nous nous opposons à la tyrannie
Sanglante du pavillon est soulevée. (AA)
Vous voulez en savoir rurales
Brutale mugir ces soldats?
Ils viennent dans nos bras
Ont tué notre fils, camarades!


Vous aurez noté l'amusante apparition d'un "camarade", fleurant encore bon le soviétisme. Poursuivons toujours plus à l’est, en Inde (Hindi) :

Les enfants dans la maison de Los Angeles,
Un jour de gloire est atteint !
Nous nous opposons à la torture
Sanglante pavillon est soulevée. (AA)
Vous voulez en savoir que ces soldats
Mugir rurales cruels?
Nous avons les armes, qu'ils viennent
A notre fils de meurtre, camarades!


Notre destination finale est, bien entendue, Pékin (que le reste du monde appelle Beijing). J’avoue avoir, à des fins de clarté pris la liberté de corriger quelques erreurs de genres et d’accord mais c’est presque brut que je vous livre ce diamant :

Les enfants à la Chambre des représentants,
Los Angeles, le jour de gloire, est atteint !
Nous sommes opposés à la torture
Par le sanglant pavillon. (AA)
Vous souhaitez en savoir
Que ces soldats mugir ruraux et cruels
Nous avons des armes, ils en sont venus
A l'assassinat de notre fils, camarades!


La nature subversive de La Marseillaise est toujours d’actualité, voila qu'elle dénonce la torture. Pour sur, dans les couplets suivants, j’aurais trouvé un appel pour la liberté de la presse ou l’indépendance du Tibet.

Toujours est il que je crois tenir avec ce procédé d’écriture automatique un très chouette texte, il ne me reste plus qu’a convaincre Grand Corps Malade de le déclamer sur un air reggae emprunté à Serge Gainsbourg

A part ça, Lollapalooza c’était franchement rigolo...

jeudi 15 mai 2008

Movement #1

Si vous étiez de mes petits camarades de teufs, sachez que j’ai eu une pensée émue à votre endroit ce week end. J'etais dans la cité originelle, Detroit.

Arrivé à l’aéroport, immense, je déambule une quarantaine de minutes avant de décider que l’humilité n’est pas superflue. Je demande mon chemin et on me répond d’un air narquois que des transports en commun pour aller en centre ville, il n’y en a pas. C’est pas le tiers monde, ici !

Mon taxi me dépose en avance, j’adopte les réflexes autochtones et pousse la porte bardée d’autocollants d’une gargote pour commander une bière. Stupéfaction, on me l’amène sans me demander de pièce d’identité. Enivré par un tel succès, je veux repousser plus loin encore les limites et, comble de l’incongruité, porte une cigarette à ma bouche. Je jette un regard autour de moi, personne ne m’a remarqué, j’aspire la fumée dense et ce qui devait arriver arriva : Le serveur cavale dans ma direction, je baisse les yeux, fébrile, et manque de renverser… le cendrier qu’il venait de déposer sur ma table. Le Michigan est décidément l’endroit de tous les dangers, ça me plait…

Mêlé à un plaisir que je croyais perdu, chaque bouffée est accompagnée d’un étrange sentiment de culpabilité. Mon regard se pose sur les enfants assis à quelques tables de là et qui vont certainement mourir dans les prochaines minutes, par ma faute. Je suis une sorte d’assassin, le narrateur de ma propre American Psycho…

La bière est suivie de la spécialité locale, une saucisse type Francfort fourrée dans un pain long et brioché, couverte de ketchup et de moutarde. En dégustant cette recette certainement millénaire, je me félicite d’avoir prêté attention aux autocollants de la porte sans lesquels, tels un touriste superficiel, j’aurais pu me méprendre et confondre la spécialité locale, le Coney Island, avec un vulgaire hot dog. D’autant que ce dernier est déjà la spécialité d’une quarantaine de villes aux US. Ah, les touristes sont vraiment des cons…

Mais il est temps d’aller danser. En m’approchant du Hart Plaza, mon corps vibre au rythme des infrabasses et un sourire se dessine sur mon visage. Il disparaît aussitôt : la file d’attente s’allonge presque à l’horizon. Juste à coté de moi, un groupe d’Hare Krishna réalise un miracle, celui, inattendu, de couvrir les nappes de techno de leurs youyous et de leurs percussions. Je ne parviens pas à les prendre sur le fait, mais je jurerai qu’ils opèrent de réguliers pas chassés dans le sens de la file : Quand je m’approche du guichet, eux ne s’éloignent pas. J’enfonce mes poings dans mon jean Pepe, les envies de meurtre me reprennent… Ils sont pardonnés quand enfin j’étreins le billet que j’échangerai contre le ridicule bracelet jaune qui ne me quittera pas pendant trois jours.
J’entre dans le son...

lundi 24 mars 2008

Pâques Man

Un intense moment d’émotion.

Ca n’est qu’aux Etats-Unis d’Amérique qu’on peut voir ce genre d’images :


samedi 15 mars 2008

Enfin un peu de sexe...

(ou comment je ne recule devant rien pour augmenter le traffic sur mon blog.)

Hier soir, ayant décidé de parfaire ma culture, j’ai accordé de mon temps de cerveau disponible à un Jean-Marc Morandini local. Une émission d’enquête et d’analyse sur les prédateurs sexuels. Outres des témoignages bouleversants assortis des inévitables gallons de divers liquides lacrymaux, j’ai découvert un site fantastique : Familly Watchdog.

Dans une saine volonté de protéger nos enfants, nos femmes et nos fesses, chacun d’entre nous a accès à des informations capitales :

Les croix correspondent à des écoles, le rouge à des agressions d’enfants à caractère sexuel, le jaune des viols, bleu à des violences sexuelles, et le vert aux autres crimes sexuels (genre abus sexuel aggrave avec mutilations). La maison c'est chez moi.

On a accès a des fiches individuelles tres bien faites: lieu de travail et domicile, photo, adresse, nature des crimes et un descriptif physique très précis (taille, poids, date de naissance mais aussi tatouages…).
Une sorte de Meetic sans chat (pour l’instant en tous cas) mais on a les centres d'intérêts (petits garçons, mutilations rituelles...)
Mon préféré pour l’instant c’est Kareem Abdul Jabbar: 2 abus sexuels aggravés sur enfants (13 a 16 ans). Pas très souriant, mais il est du quartier.

Une culture de l’autoprotection héritée de l’ère du Far West, sans doute. C’est assez inquiétant en matière de libertés individuelles pour un observateur européen. Mais un citoyen américain vous rétorquera que c’est sa liberté d’information qui est en jeu.

C’est également inquiétant quand on songe aux emplois détournes qui peuvent en être fait. Outre la possibilité d’agression de délinquants ayant déja payé leur tribut a la société, un esprit pervers peut générer de telles cartes :

Donc pour la cocaine, il vaut mieux rester dans les quartiers nord. Je peux choisir le type de drogue qui m'interesse, trouver les hauts lieux de la prostitution...

Un monde nouveau s'ouvre a moi !

vendredi 1 février 2008

Frison Roche #1

Au Maghreb, parler de la météo est insultant envers son interlocuteur, tellement cela traduit un manque de conversation. Dans le Midwest, le climat se rappelle sans cesse a vous, se fait si changeant qu’il entretient les conversations, ouvre les journaux télévisés en cette période électorale, occupe les esprits. Il a même ses chaînes dédiées.

Avec un bonnet colle sur ma tête à chacune de mes brèves sorties, une masse de cheveux avait commencé à m’obstruer la vue au cours des dernières semaines. Je m’emmitoufle du mieux que je peux, maugréant contre cette paire de gant que j’ai égarée. Sans ma maman pour y coudre un fil de laine à passer dans les manches, j’en consomme deux paires par mois. Seul progrès notable, je perds désormais la paire, ce qui évite la frustration que procure la contemplation d’un gant dépareillé, désormais inutile, triste.

Il fait zéro degrés Fahrenheit (soit moins vingt dans votre système métrique), la température ressentie est de 30 degrés en dessous de zéro. C’est un concept de météorologie arctique, le wind chill, qui trouve son application ici. Bref, un jour magnifique, le ciel est d’un bleu soutenu et je sifflerai un air joyeux si je savais. Arrivé au salon, ma coiffeuse a l’air paniquée : le conduit d’arrivée d’eau a gelé, chômage technique. Et puis, qu’est ce que vous faites dehors par ce temps ?

Pas abattu pour autant, je promène ma mèche d’un pas léger en direction du supermarché mexicain, on ne va pas se laisser mourir de faim pour si peu. Quand je finis mes courses, le soleil s’est couché, les rues ont été désertées et l’air glacial mord cruellement à travers mon denim. Chargé de sachets plastiques, je n’arrive pas à glisser mes mains dans les poches de mon anorak. J’oublie mon envie de siffler. Rapidement, le souffle se fait court, les distances et l’effort sont démultipliés par le froid. Mes doigts crispés sur les poignées des sacs s’engourdissent, j’avance de plus en plus péniblement. Une brûlure a l’extrémité des doigts, comme si une flamme léchait ma peau, je n’en puis plus. Je dépose mes courses sur le trottoir et glisse mes mains endolories sous mes aisselles. J’ai du parcourir cinq cent mètres a peine.

Je prends mon courage et mes sacs à deux mains et, rassuré de voir que cette situation extrême ne m’empêche pas de faire de chouette zeugmas, je poursuis ma route. Apres deux cent mètres cette fois, les brûlures redoublent et je pose a nouveau mes sacs avant que ceux-ci ne tombent d’eux-mêmes. Le nez et le menton ont durci mais ce sont mes doigts que j’essaye de réchauffer. Mais je ne peux rester ainsi arrêté, c’est tout mon corps qui est transi.

Concentré sur la promesse de mon appartement au climat tropical, je reprends mon pénible trajet. Le vent soulève des amas blancs de glace et de neige qui éclairent la nuit, mon corps tout entier est irradié de douleur. Je fais une nouvelle halte, essaie de ranimer mes doigts déjà durs, j’ai peur qu’ils ne gèlent. Dans ma tête se bousculent Frison Roche, Bob Morane et les autres explorateurs himalayens qui ont laissé quelques orteils à la montagne, quand ce n’est pas un membre. Suçant avidement l’extrémité de mon index dans l’espoir fou de pouvoir a nouveau le plier, je me dis que dans ce combat a mort entre l’homme et la nature, je ne capitulerai pas, que j’atteindrais le camps de base. Je ne veux pas perdre mes doigts (ni mon nez même s’il est souvent plus décoratif qu’utile). Le vent redouble, et ma volonté.

La chaleur rassurante de la souffrance déchire mes chairs, pris de vertiges j’ai envie de m’asseoir sur le bord de la route, m’étendre sur l’asphalte. Je me refuse à pleurer, même à chaudes larmes. D’abord parce que je suis un homme pétri de concepts machistes idiots, ensuite parce que des éclats de glace dans mes yeux n’amélioreraient pas sensiblement ma situation.

Chaque pas me coûtant plus que le précédent, après un nombre infini de pauses toujours plus rapprochées, c’est avec l’énergie de la désespérance que j’arrive a ma porte. Je m’y reprends à plusieurs fois pour glisser ma main dans la poche de mon jean, et, au prix de douleurs insensées, je parviens à en extirper mes clefs. Et je les regarde, gisant sur le sol gelé, inutiles. Je n’arrive pas à m’en saisir et à les glisser dans la serrure. Je pense au conte d’Andersen, comment la petite fille a-t-elle pu craquer ses allumettes ? Je me livre à une nouvelle séance d’aisselles ponctuée de petits bonds pour ramener la vie dans mon corps, a moins que je ne sois pris de spasmes. Miracle, je parviens à faire jouer le pêne et entre dans la touffeur.

L’eau chaude coule sur mes mains, pas uniquement à cause de l’odeur d’aisselles qui les imprègne. La brûlure est plus intense encore, je titube vers mon lit ou je m’effondre pris de convulsions. Une fatigue insoutenable m’envahit, je maudis mes innombrables terminaisons nerveuses, et bascule dans un gouffre noir.

Le lendemain matin, je parviens a taper sur le clavier de mon ordinateur pour un de ses diagnostics éclairés comme on en trouve sur Internet. Mes doigts ont viré au jaune et je suis heureux : Marrons, ils seraient tombés sous deux jours. Je vais pouvoir les garder !
Et je me promets d’apprendre le piano ou la chirurgie pour profiter pleinement des ces adorés petits boudins de chair rose.

NB : J’ai trouve des méthodes de pianos, mais pas de chirurgie. Si vous pouvez m’en conseiller une (niveau débutant), je ne saurais assez vous remercier.

lundi 7 janvier 2008

9 heures

C’est l’heure jusqu’à laquelle je suis consigné au bureau. Non pas que j’ai fait une bêtise (en tout cas, que je me sois fait prendre) mais il y a une alerte à la tornade.

Le Midwest c’est bien la région mais je pensais que c’était un privilège des Etats un peu plus au Sud, la « vallée des tornades » (Oklahoma, Kansas…) D’autant que c’est pas la saison : Normalement ça arrive en mars ce genre de choses.

Pour l’instant, il pleut à verse, les vents sont à décorner un troupeau de bisons et le ciel est zébré des chouettes éclairs, et je crois que j’aime bien ça, les tornades.

Sauf que… …ce matin j’ai laissé ma fenêtre ouverte. Je suis très content.