dimanche 7 octobre 2007

Arbeit Macht Frei

On dira ce que l’on voudra du modèle social américain, de la politique de faibles charges sociales et de la quasi absence de l’Etat en matière de protection sociale mais il n’empêche que, partout, les gens sont autre travail.

Des hommes sandwiches qui déambulent le long des artères commerciales, des gaziers bardés de bandes fluorescentes qui tiennent des panneaux indicateurs, des post adolescents qui mettent vos courses en sacs au supermarché, la liste des sous métiers est longue.

A cote des systèmes les plus perfectionnés de badgeuses et autres systèmes biométriques, une armada de vigiles vous attend dans les tours de bureau. Avant de franchir les détecteurs anti-vol d’un grand magasin, un homme encravaté vous demande de lui ouvrir votre sac (a moins de porter sois même une cravate ou d’être blanc, bien sur). A deux pas d’un automate, la même prestation vous est proposée dans sa déclinaison humaine. Entre deux feux de signalisation, le mobilier urbain est complété par des agents de circulation qui désarticulent leurs bras pour vous enjoindre de céder le passage. Ici, les machines ne remplacent pas l’Homme, elles cohabitent.


Et tous ces métiers participent à l’extraordinaire brassage socio culturel des Etats-Unis. Dans une valse endiablée pour gagner de précieux dollars, se démènent des hispaniques de toutes origines, des descendants de cueilleurs de coton, des hindous de toutes castes…


Et ne croyez pas que les WASP sont exclus de ces exercices d’intégration par le besoin alimentaire. Certes le brassage n’est pas parfait, ces derniers semblent s’être spécialisés dans le maniement de la pelle et de la balayette, une sorte de niche raciale. Mais eux aussi participent de ce joyeux melting pot, armés des attributs de leur fonction et vêtus de ravissants uniformes bleus. Une formidable armée de sexa et de septuagénaires à la peu rose et plissée. Plus qu’un brassage racial, c’est aussi un brassage de générations...


Même les clochards ont le cœur a l’ouvrage, pas question ici de trainasser avec une bouteille d’alcool a la main. Ils arborent de grandes pancartes, lisibles de loin (principe marketing maîtrisé par tous ici) et, parfois, agrémentées d’un sur titrage en espagnol. Ils vous saluent bien plus poliment que leurs homologues francais :« Happy Monday, sir » déclament-ils (clin d’œil subtil a la culture populaire) et, si, impressionné par leur démarche de free lance, vous leur glissez un billet, ils se confondent en remerciements (sans toutefois vous gratifier d’un hug, familiarité et précarité ne faisant pas bon ménage).


Ah, c’est un bien beau pays…

4 commentaires:

John Noe a dit…

Deja la deuxieme reference au socialisme un peu national ?

J'essayerai de me maitriser a l'avenir pour eviter que mon blog ne prennent une couleur marron...

...qui s'accorderait fort bien a l'automne pourtant

Anonyme a dit…

alors ça fait grossir au 05/10/07 ???

Unknown a dit…

Ben oui, chuis d'acc avec Matthieu, t'en es où de ton poids alors???

John Noe a dit…

Allez trouver une balance dans ce fichu pays.

Dans les pharmacies, on peut acheter des clops, de l'alcool (j'y reviendrai), mais pas se peser...