samedi 29 septembre 2007

Oï ! Skin

Ce soir, au programme des pas si innombrables soirées de Chicago (enfin pour l’instant, n’ayant ni les réseaux ni les bonnes adresses), c’était soirée punk (toujours mieux que de rester devant la télévision).

Pour une raison qui m’échappe, la soirée débute à 8 heures 30, ce qui n’est pas, vous en conviendrez, très destroy comme attitude. Je pars à l’heure où ça commence, descend du métro deux stations trop tôt : J’ai oublie mon ID, précieux sésame ici qui me permettra d’entrer.

J’ai deux heures de retard, ça sent le « no future » pour ma soirée. Dans la rue, une nuée de crêtes et de cheveux peroxydés, de jeans trop courts retenus par des bretelles, des kilogrammes d’acier chirurgical dans des lobes d’oreilles déformés. C’est fini ? J’engage la conversation avec un blouson noir qui m’explique avec prétention que c’est « Sold out », the Subhumans étant un groupe mythique, et que j’ai juste raté un groupe local. Par chance, seul lui semblait connaître la renommée internationale du groupe, le type à l’accueil rigole doucement quand je lui dis que c’est complet, n’est ce pas ? Apres la fouille de rigueur, j’ai droit à un chouette tampon (21 ans et plus, accès au bar) et je rentre dans la salle.



C’est chic : des tentures rouges, un parquet à chevrons, un plafond très haut orné de moulures, mais les lustres ont été remplacés par des ventilateurs pour qu’on n’ai pas le sentiment de s’être trompé de continent. Et le concert commence, déluge de guitare saturées et de cris sauvages.


J’avais lu qu’on avait réalisé l’expérience suivante sur des rats : Ils avaient été partagés en trois groupes, puis isolés. Le premier groupe faisait l’objet de caresses et d’attentions quotidiennes. Le second n’avait aucun contact, ni avec ses congénères ni avec l’homme. Le dernier groupe était pincé, frappé, bref torturé par les laborantins. Et bien c’est le second groupe de rats qui montrait les dérèglements les plus sévères, les carences les plus observables.


Moralité : Quand le contact humain est tabou, qu’on sert peu les mains et qu’un baiser est inapproprié, et ce pendant presque un mois, on se soumet avec plaisir a un pogo salvateur. J’ai bien ri mais j’avais oublié combien les pogos punks sont plus violents que leurs pendants dans la scène métal. Tous ces contacts si soudains (surtout ceux de pieds étrangers sur les miens) m’ont rapidement suffit et je recule de quelques mètres, observant les chorégraphie étranges des punks, leurs dégaines, leur respect scrupuleux de l’interdiction de fumer…


A minuit sonnante, la musique s’arrête - on ne plaisante pas avec les consignes - et nous entamons une procession en direction du métro. Mes poches débordent de flyers, il y a un festival punk/hardcore/grind le week-end prochain, mais je ne suis pas certain de vouloir me spécialiser dans le genre.


Ce dont je suis certain, par contre, c’est que, apprenant un nouveau mot par jour, demain ce sera « acouphènes ».

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Et tu vas rater Mami Chan Band à l'Olympic Café samedi !

John Noe a dit…

Bah! Je suis persuade qu'elle fera une tournee mondiale prochainement...

Et au programme, j'ai Del the Funky Homosapiens, Grand Buffet, Buck 65 et peut etre Unkle, Henri Rollins, Broken Social Scene et Sage Francis...

Anonyme a dit…

Tout des trucs qui tournent régulièrement en France, alors que Mami Chan...

Petit frimeur américain.

John Noe a dit…

Tu me donnes un peu envie de deceder.

Et dire qu'il n'y a pas d'armurerie ouverte a cette heure ci...